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Samedi 17 mai 2008





par M.B



Petite devinette pour se dégourdir un peu les neurones géographiques et les jambes : trouvez donc le nom du passeur...

Mais par où, diable, pourraient-ils bien transiter, tous ces Djihadistes qui circulent sans encombre, de Kaboul à Bagdad?

Cherchez bien la frontière commune entre l'Irak et l'Afghanistan... A part passer par le Golfe d'Oman puis le Golfe persique, à la nage ou dans des embarcations de fortune, et là où s'est établie l'armada US, au risque de se faire couler par un 105 mm désinvolte au petit matin...

Ou encore par Duchanbé, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Turquie, autant dire la route de la Soie, faire ses emplettes à Bakou ou Erevan, envoyer quelques cartes postales d'Istanbul... ou alors...
Mais oui, mais c'est bien sûr, comment n'y avions-nous pas pensé plus tôt???

Sur le "front" démocrate, il semble qu'on ait gloussé un peu tôt des "erreurs" géostratégiques de John Mc Cain, confondant allègrement Al Qaeda et les Sadristes.

 

Car si le plus court chemin est bien celui que l'on dit : en prenant tout simplement le bus de Téhéran, on se retrouve à Mossoul, sans trop se fatiguer, sans perdre trop de temps et sans prendre le moindre risque, en quelques heures... Non !?  Vous croyez? Mais ce sont des Chiites, enfin! C'est invraisemblable!

Afghanistan/Terrorisme : la mort de deux terroristes saoudiens confirme la persistance des réseaux internationaux d'Al-Qaïda

Un communiqué publié par Al-Fajr (l’aube) – l’une des courroies médiatiques traditionnelles d’Al-Qaïda – sur plusieurs forums islamistes, a annoncé la mort du Saoudien Abu Suleiman al-Otaibi, ancien dirigeant de l’organisation terroriste en Irak. Il aurait été tué dans le courant du mois de mai lors d’une fusillade avec l’armée américaine qui a éclaté dans la province de Paktia, au sud-est de l'Afghanistan. Un deuxième terroriste saoudien Abu Dejana al-Qahtani, a également été abattu lors de l’affrontement. La date précise de leur mort n’a pas été communiquée, mais le texte précise qu’Abu Suleiman al-Otaibi avait quitté l’Irak pour l’Afghanistan il y a environ six mois, « pour poursuivre le Djihad, l’action missionnaire et l’éducation ».

Ce communiqué démontre donc la présence d’un lien organique entre les branches irakiennes et afghanes d’Al-Qaïda, de même que le rôle de la direction historique du mouvement dans la poursuite du Djihad dans les deux pays. On sait ainsi que le frère d’Abu Dejana al-Qahtani, Abu Nasir al-Qahtani, s’était évadé de la prison de Bagram pendant l’été 2005 en compagnie de trois autres membres d’Al-Qaïda. L’un d’entre eux, Omar Farouq, avait ensuite été envoyé en Irak, où il a été abattu en septembre 2006 au cours d’un affrontement avec les troupes britanniques à Bassora.

par M.B publié dans : Irak 2003-2008
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Jeudi 15 mai 2008


Yitzhak Benhorin,

Israël News

traduction M. Brzustowski


L'ancien sous-secrétaire à la défense américaine a déclaré à Ynet qu'il n'avait jamais décelé la moindre évidence d'une pression israélienne sur l'Amérique afin qu'elle lance la guerre d'Irak. Il ajoute que, lors des conversations privées, les Israéliens mettaient plutôt en garde contre le fait qu'un échec pourrait saper les efforts contre l'Iran.

                            

 


WASHINGTON - Contrairement à de fréquentes supputations, les responsables israéliens n'ont pas poussé leurs homologues américains à lancer la guerre en Irak., a déclaré l'ancien sous-secrétaire à la défense des Etats-Unis, Douglas Feith, au journal en ligne Ynet, durant un entretien exceptionnel.

 Répondant aux allégations selon lesquelles Israël aurait incité l'Administration américaine à la guerre, Feith déclare : "Je n'ai jamais été témoin de cela".

"Ce que vous pouviez entendre de la part des responsables israéliens lors des discussions privées, c'était qu'ils n'étaient pas particulièrement centrés sur l'Irak", ajoute Feith. "Leur véritable sujet de préoccupation, c'était l'Iran".


Lorsqu'on lui demande pourquoi Israël n'a jamais publiquement émis d'objection contre l'action militaire en Irak, il répond que c'était là le résultat d'une relation forte entre les responsables israéliens et l'Administration Bush.

Feith dit encore : "L'alliance entre Bush et Israël était si forte et si cordiale que le gouvernement israélien n'était absolument pas prêt à rejoindre l'Allemagne et la France dans leur opposition aux Etats-Unis". Mais il ajoute : "ce que vous entendiez de la part des Israéliens ne ressemblait pas du tout à une forme de plaidoyer en faveur de la guerre en Irak".

Feith raconte qu'il entendait "un argumentaire (israélien) constant insistant sur l'importance du danger iranien", et ajoute qu'Israël était inquiet quant à un éventuel scénario qui finirait par se concrétiser, précisément que "si les Etats-Unis se lançaient dans un conflit militaire en Irak et que cela ne se passait pas bien, cela risquait de rendre moins crédible notre diplomatie face à l'Iran."

"Les gens cherchaient des solutions permettant d'échapper à la guerre"

 
Feith, dont l'ouvrage récemment publié, Guerre et Décision" a pour but d'exposer la part qu'il a prise dans la guerre d'Irak, a également démenti que l'esprit de l'Administration Bush était focalisé sur une guerre en Irak bien avant les attentats terroristes du 11 septembre.

"Un grand nombre de décisions ont été prises après le 11 septembre", a t-il dit à Ynet, "et je pense qu'une des choses que le livre met en lumière, c'est que l'Irak était un problème majeur avant le 11 septembre - c'était un problème majeur depuis 1990 pour les Etats-Unis, et il existait un débat permanent au sein du gouvernement américain, concernant ce qu'il fallait faire au sujet de l'Irak".

"Après tout, vous avez eu l'Acte de Libération de l'Irak en 1998, qui dit que la politique américaine a pour objectif un changement de régime, le Sénat a voté cette loi à l'unanimité et le président Clinton l'a contresignée,"nous a t-il expliqué.

"Lorsque je passe en revue les débats au sein de l'Administration au sujet de ce qu'il fallait faire concernant l'Irak, j'insiste surtout sur le fait qu'aucune décision n'était prise", décrit Feith en référence à son livre. "Il y avait des débats concernant le renforcement de la zone interdite au survol, le renforcement des sanctions économiques, et la CIA parlaient de la possibilité de réaliser un coup d'Etat. Il existait également un débat pour savoir si nous pouvions créer une enclave autonome dans le Sud... les gens étaient laborieusement à la recherche de solutions qui permettraient de résoudre le problème sans entrer en guerre."

Feith rejette également les suggestions selon lesquelles l'Administration Bush a, finalement, choisi de désigner l'Irak, parce que cela semblait l'action la plus facile à l'époque.

"Je ne pense pas que c'était la plus facile", dit-il, "Nous avons regardé tour à tour chacun des Etats qui soutiennent le terrorisme, et nous avons dit que nous devions adopter une politique appropriée concernant chacun d'entre eux. Dans le cas de l'Iran et de la Corée du Nord, il était évident qu'avant que quiconque envisage seulement une quelconque action militaire, il restait un important processus diplomatique qui devait encore être essayé".

"A l'époque, l'Amérique gérait la situation à l'égard de l'Irak depuis déjà 12 ans", conclut Feith et il ajoute : "les risques liés au fait de laisser Saddam Hussein au pouvoir étaient très sérieux".

 

                                  http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3542925,00.html



par M.B publié dans : Irak 2003-2008
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Vendredi 2 mai 2008


 

 


                                                                           présentation du livre par Brett Stephens



En Octobre 2002, un mémorandum détaillant les pire scénarios de l'après-guerre en Irak fut transmis aux membres les plus élevés de l' administration Bush. Parmi les 30 et quelque avertissements figuraient:

• «Les États-Unis pourraient ne pas trouver d'armes de destruction massive sur le terrain. »
 
• « La stabilisation et la reconstruction de l'après-Saddam pourraient ne pas prendre deux à quatre ans, mais huit à dix ans."
 
• « Les États-Unis pourraient être tellement absorbés par leur tâche irakienne qu'ils ne prêteraient pas suffisamment attention à d'autres problèmes graves – comme des problèmes de prolifération et de terrorisme ».
 
• « La Syrie et l'Iran pourraient aider nos ennemis en Irak....L’Irak pourrait connaître des troubles ethniques entre Kurdes, sunnites et chiites ».

La provenance de ce remarquable mémo? Si vous avez pensé au Département d'État, à la CIA ou à quelque autre personne pouvant aujourd'hui affirmer avoir été mécontente de la dérive de l'administration vers la guerre, vous aviez faux. Le mémo émanait de l'ancien Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld qui l’avait rédigé avec ses principaux conseillers militaires et civils. L'un d'entre eux, l'ancien sous-secrétaire Douglas J. Feith, nous présente "War and Decision", le meilleur compte-rendu concernant, pour les réponses militaires de l'administration Bush aux attaques du 11 septembre 2001, les circonstances du débat, ce qui fut décidé, organisé et éxecuté.


Ce qui rend en grande partie"War and Decision" si irrésistible, c'est que c’est un récit qui remet en cause les clichés, peu importe que M. Feith fût proche ou juste au centre des plus importantes décisions de politique extérieure pour la décennie. Jusqu'ici, la plupart des livres écrits sur le sujet – du "State of Denial"de Bob Woodward au "Fiasco"de Tom Rick – ont dépeint une administration incompétente et paranoïaque fixée sur tous les mauvais ennemis et toutes les mauvaises raisons. Ces ouvrages, chacun à leur manière, ont parfois reposé principalement sur une série de fuites servant les intérêts personnels de leurs auteurs, une suite de déformations et de mensonges pur et simple, bon nombre d'entre eux émanant d’opposants internes à l'administration, qui appartenaient en particulier au Département d'Etat et à la CIA.

Mais le livre de M. Feith adopte aussi une attitude critique sur la manière dont l'administration elle-même a réglé les choses ou encore, parfois, la manière dont Feith lui-même s’est comporté. Toutefois, comme l’indique la note ci-dessus, la plupart des idées reçues sur la dynamique du premier mandat Bush - opposant « les néocons bellicistes» et ceux qui fantasmaient sur la démocratie comme M. Feith, aux réalistes aux idées plus mesurées tels que le secrétaire d'État d’alors Colin Powell et son adjoint Richard Armitage – sont des foutaise manifestes.

 

Par exemple, l’idée que Rumsfeld était l'auteur de la politique de l'administration sur les détenus terroristes. Feith écrit qu’au contraire le secrétaire a mis en garde contre la transformation de l'armée américaine en « geôlier du monde», limitant pour cette raison volontairement les capacités de rétention des installations carcérales à Guantanamo, et qu’il a défendu l'application de la Convention de Genève pour les détenus talibans et affirmé que les Etats-Unis « ne devraient maintenir en détention personne que nous n’ayons absolument besoin de garder ».


Ou encore, cette idée que les néoconservateurs ont rejeté les travaux du projet "Future of Iraq", et les conseils qu’il aurait prétendument offert pour la reconstruction de l'Iraq. En réalité, le chef de ce projet, le savant irakien en exil Kanan Makiya, était lui-même une sorte de protégé néocon, et le projet consistait principalement en des discussions conceptuelles sur tout, de la démocratisation à la réforme de la justice - de tout, c'est à dire tout sauf un schéma directeur significatif pour le proverbial jour du lendemain. En revanche, M. Feith et son équipe ont bien élaboré un plan pour assurer la transition avec un nouveau gouvernement dirigé par des Irakiens, mais ce plan fut rapidement écarté par le proconsul américain Paul Bremer.

 

                                                                                            Douglas Feith

Est également fausse l'idée que les néoconservateurs ont poussé à la guerre dans le cadre du dessein utopique d’ « imposer la démocratie ». Ainsi, une note de la Maison-Blanche d'octobre 2002 indique que la démocratie était classée dernière sur une liste des objectifs américains pour l'Irak en huit points. Même là, le modeste objectif était de «[encourager] la création d'institutions démocratiques. » En revanche, les principaux objectifs étaient, premièrement, un Irak qui « ne menace pas ses voisins  » et, ensuite, qui « renonce à fournir un soutien au terrorisme international et à le sponsoriser  ». Le quatrième point traitait des ADM .

 

Enfin, il y a le mythe affirmant que les fonctionnaires de l'administration tels le vice-président Dick Cheney et le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz ont « politisé »et trié les renseignements afin de monter leur dossier pro-guerre - un mythe qui persiste malgré deux commissions bipartisanes concluant que rien de la sorte ne s’est passé.


Ce qui est vrai, c'est que les renseignements furent souvent politisés en interne, principalement par des bureaucrates de la CIA bûchant selon leurs propres axes de politique. Un tel axe politique, largement partagé au Département d'Etat, était que les dirigeants irakiens en exil (connus sous le nom d’ «externes») n’avaient pas de crédibilité auprès des « internes » – les Irakiens à l'intérieur. Cette conception, qui semble avoir été motivée principalement par l’aversion à l’égard du chef irakien en exil Ahmed Chalabi, a finalement été démentie par les faits lorsque les Irakiens ont élu un gouvernement composé essentiellement de ceux qu'on appelait les externes, notamment Chalabi.
 

Avant cela, toutefois, la dichotomie en grande partie mensongère externe / interne amena le Département d'Etat à traîner les pieds dans l'organisation de l'opposition anti Saddam à l'extérieur en une force politique cohérente, apte à rapidement assumer la responsabilité des affaires irakiennes après la libération. Cela a également convaincu M. Armitage qu'une occupation américaine pendant plusieurs années serait nécessaire pour que les dirigeants intérieurs intégrent de manière adéquate la culture des droits démocratiques. M. Feith estime lui en revanche que « le maintien d'un gouvernement d'occupation plus d'un an » était « l’erreur majeure » de l'administration en Irak - une remarque singulière si vous considérez que M. Feith et ceux de son acabit s'acharnaient à imposer la démocratie à l’Américaine aux autochtones rétifs.

"War and Decision" offre encore bien plus d’exemples de ce type où la perception de la conduite de l'administration subit de plein fouet le choc avec la réalité. Au crédit de M. Feith, toutefois, son livre n'est pas une apologie, même pour ceux que de toute évidence il admire. A propos de M. Rumsfeld, il note que « son style de direction a parfois desservi ses objectifs: il a froissé des gens et s’est fait des ennemis personnels ». Quant au président Bush, Feith affirme - à juste titre, à mon avis - que son problème n'est pas qu'il a «  miné les défis », mais plutôt qu'il a fait preuve de « tolérance excessive à l’égard de l’indiscipline, voire de la déloyauté, de ses propres personnels. »

 

Les États-Unis auraient-ils mieux fait de ne pas abattre Saddam? Certainement pas, même si l'on garde l'impression que les forces d'inertie bureaucratique et la résistance idéologique au sein du gouvernement des États-Unis ont constitué pour les plans de l'administration un obstacle presque aussi grand que Saddam lui-même. Plus important encore, M. Feith a bien compris que « la politique consiste souvent à choisir entre deux séries de problèmes. » Ce n'est pas une idée qui va faire basculer l'opinion publique sur la guerre, mais elle est indispensable pour comprendre tant les choix déjà faits que ceux qui attendent encore cette administration ainsi que la prochaine.


 

 

 



                                   http://online.wsj.com/article/SB120761972863897011.html

 


 

 

par Adamastor publié dans : Irak 2003-2008
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Mercredi 30 avril 2008


Une bonne chose pour l’Irak, pour le Moyen-Orient… et pour Mc Cain



                                                                                                                              par Jeffrey Bell



 
traduction M. B






La décision du Président Bush d’élever le Général David Petraeus au poste de direction du Commandement Central n’est pas seulement un acte de courage, cela peut attester d’une transformation dans la guerre globale contre la terreur et même dans le cadre de l’élection présidentielle de 2008. Dieu s’est  montré particulièrement clément en donnant à l’armée américaine un grand général en cette période où il s'avérait indispensable, un fait évident que le président Bush se devait d’avoir le bon sens de reconnaître, et agir en conséquence. Cette action de Bush n’intervient ni trop tôt ni, sans doute, trop tard, pour conférer ces prérogatives à Petraeus.

Qu’est-ce qui m’autorise à placer Petraeus aussi haut? Lorsqu’il est question de stratégie militaire, je demande aux autres (parmi eux, plusieurs qui écrivent pour ce magazine) de resituer ce commandement dans son contexte historique. Pour tous, excepté pour l’obstiné et l’aveugle, la promptitude de la réaction et le retournement de situation en Irak est indiscutable. Et pour quiconque portait un regard sévère sur l’armée américaine et ses tendances bureaucratiques, ce n’est pas seulement indiscutable, mais proprement stupéfiant.

J’étais un jeune conscrit sans-grade de 24 ans, un spécialiste de 4è classe, stationné avec une équipe de conseillers américains auprès d’une division d’infanterie sud-vietnamienne dans le Delta du Mekong, lorsque l’offensive du Têt survint en février 68. Comme tout cela est aujourd’hui parfaitement connu, les unités américaines et sud-vietnamiennes se battirent avec détermination et l’ennemi subit un revers dévastateur en termes militaires. Mais l’armée américaine avait à sa tête un commandant général, William Westmoreland, qui n’avait pas la moindre notion de ce qui s’était réellement passé.

Nous avions alors près de 540 000 soldats au Sud-Vietnam. Westmoreland s’envola vers Washington et exigea du président Johnson qu’il envoyât 206 000 soldats supplémentaires. En procédant de la sorte, il mit fin à ses propres chances de succès au Vietnam ainsi qu’à ceux de Johnson, qui, dans le courant du mois, annonça sa décision de ne plus se présenter à sa propre réélection. La panique affichée par Westmoreland porta un coup terrible au soutien en faveur de la guerre au pays, juste au moment où l’ennemi venait d’être défait sur le champ de bataille. Voilà ce qu’un commandant bureaucrate réactif est capable d'accomplir en un seul mois.

Petraeus est aux antipodes de Westmoreland, et, sur ce sujet, de l’ensemble des généraux qui l’ont précédé aux commandes de nos forces en Irak. Depuis l’instant où il est arrivé, nos troupes ont été exposées aux plus grands risques et aux plus hautes exigences, auxquelles elles ont répondu de façon appropriée, parce qu’elles sentaient qu’il avait un plan et savait exactement ce qu’il allait faire.

Comme il a été rapporté dans la presse depuis le début, sa façon de vivre en proximité et de se mêler aux Irakiens a eu des effets réconfortants, provoquant parfois chez certains « faucons » une interrogation, se demandant si Petraeus ne laissait pas nos soldats s’exposer plus que nécessaire. Mais ces gestes en direction de l’environnement étaient motivés par des objectifs militaires, liés à la volonté d’obtenir des informations concernant Al Qaeda en Irak et ses intermédiaires.

La tactique fonctionna et les renseignements commencèrent à affluer parce que l’intuition de Petraeus était juste lorsqu’il pensait que la domination des djihadistes sur les locaux provenait moins de leur sympathie à leur égard que de la peur qu’ils inspiraient. Lorsque les Irakiens commencèrent à raconter à nos forces où se trouvait l’ennemi, les djihadistes virent leurs sanctuaires disparaître rapidement, et les troupes de Petraeus se transformèrent en une machine de guerre dévastatrice. C’est la raison pour laquelle le niveau de violence dans l’Irak sunnite se mit à décroître de façon aussi perceptible. Les Sadristes et les autres miliciens chiites soutenus par l’Iran sont tout à fait au courant de ce qui est advenu des djihadistes sunnites et seront profondément affectés par cela, alors que Petraeus et son fringuant aide de camp et successeur, le Général Raymond Odierno, seront aux commandes lorsque surviendra le temps de l’écrasement final.

Quand Petraeus obtiendra le contrôle opérationnel sur la guerre en Afghanistan, quelque chose de similaire arrivera aux Talibans. Je dis cela, non pas parce que je crois que le défi que représentent les Talibans en Afghanistan est totalement identique à celui d’Al Qaeda en Irak. Je dis cela parce que Petraeus est un grand général et parce qu’il saura à quel point il doit adapter (ou pour ce que j’en sais, renverser) l’approche qui a marché pour lui en Irak. Si les Talibans ont le moindre doute à ce sujet, ils apprendront dans les mois et même peut-être, dans les semaines suivant son arrivée à Tampa qu’ils ont affaire à un général américain qui sait comment les éliminer.

Lorsqu’il était commandant régional durant une phase antérieure de la guerre d’Irak, Petraeus a été surnommé le Roi David, pour sa capacité à obtenir des arrangements mutuels bénéfiques avec les Cheikhs locaux et les chefs tribaux. C’est un bon pari à prendre que Petraeus, qui est un général au sens politique aiguisé disposant de capacités qui le mettent dans la même catégorie que George Marshall ou Dwight Eisenhower, saura utiliser ses compétences sous la forme de la carotte et du bâton, face aux seigneurs de guerre dans les provinces du Nord-Ouest du Pakistan. Osama Ben Laden, Ayman Al Zawahiri et leurs principaux associés arabes ne devraient jamais être sous-estimés, mais ils apprendront que leur sécurité physique est soudainement devenue plus incertaine que lorsque leur principal souci était le général Musharraf et les services de renseignements éminemment ambivalents et complexes basés à Islamabad.

Le changement au Commandement Central devrait aussi faire la démonstration qu’il est loin d’être rassurant pour Téhéran. Au premier coup d’œil, le Président Mahmoud Ahmadinejad et les Gardiens de la Révolution pourront certainement accueillir favorablement l’annonce du  départ d’Irak de Petraeus, avant qu’il n’ait eut l’opportunité d’en finir avec leurs clients Sadristes comme il le fit avec les djihadistes sunnites dans le Nord. Mais ils savent déjà que le Général Odierno ne sera pas parti faire une promenade dans le parc. Et la transition entre l’ancien chef du Commandement Central- le bouffon, général-marketing et colérique Amiral William « Fox » Fallon, tout à ses menaces semi-publiques de ne laisser Bush envahir l’Iran qu’après lui être passé sur le corps – et le Général Petraeus, le premier homme que Fallon avait publiquement et en privé dédaigné autant qu’il le pouvait alors qu’il était son commandant en chef, représente sans doute plus qu’un simple petit désagrément pour Téhéran.

 


L’Iran et sa course à l’acquisition des armes nucléaires est le défi central pour la politique étrangère américaine, quel que soit celui qui deviendra le prochain président. Mais les jours qui apportaient sans aucun doute de hautes satisfactions à Téhéran, où le Commandement Central concevait sa mission comme consistant à menacer de saboter toute action répressive sur l’Iran décidée par le président, seront à jamais révolus. Et tout cela sans calculer la réaction d’Ahmadinejad, des Gardiens de la Révolution et de l’Ayatollah Khamenei, à la possibilité que Petraeus inflige bien des tourments aux djihadistes d’Afghanistan, à l’Est de l’Iran, comparables à ceux récemment éprouvés en Irak, sur leur Ouest immédiat.

De quelle façon la promotion de Petraeus au CentCom, qui devrait prendre encore 4 mois, peut-elle avoir autant d’importance, alors même qu’il ne restera à l’Administration Bush elle-même qu’à peu près 4 autres mois avant de partir? La réponse, c’est que cette nomination peut virtuellement aussi bien transformer le sens du jeu politique que les enjeux dans la guerre globale.

Il est vrai que George W. Bush sera probablement de retour à Crawford avant que l’affectation de Petraeus ait eu le temps de produire ses premiers fruits militaires. Mais sur quelle base les Démocrates pourraient-ils s’opposer à la nomination de Petraeus, ou (si jamais l’un des leurs était élu président) le renvoyer le 20 janvier 2009? Ce sont bien eux, après tout, qui n’ont de cesse de dire que l’Irak ne constitue qu’une diversion à l’égard de l’action réelle qui devrait être menée en Afghanistan et au Pakistan. Le général qui (autant qu’eux-mêmes puissent le concéder) aura grandement amélioré la situation en Irak, la guerre qui résultait d’un "aveuglement" de Bush, considérée au tout début comme ingagnable, pourrait-il ne pas être autorisé à poursuivre la « vraie » guerre en Afghanistan, que tous parmi eux soutiennent?

Concernant John Mc Cain, de l’autre côté, aucun ajustement ou départ ne sera requis. Après tout, il a soutenu oralement l’affectation de Petraeus au commandement en Irak et endossé la recommandation de Petraeus du renforcement des troupes en Irak, lorsque virtuellement personne au Congrès, Républicain ou Démocrate, ne souhaitait souffler le moindre chuchotement pour soutenir la décision du Président Bush de le réaliser. Assurément, Mc Cain plaidait en faveur d’un Surge des troupes en Irak et de la nomination de quelqu’un tel que Petraeus pour l’exécuter, bien avant que Bush lui-même ne s’y résolve.

Assumant pleinement que Petraeus soit confirmé dans ses fonctions, Mc Cain, dans le cadre de sa campagne, s’exprimera sans nul doute possible en faveur de la préservation à ce poste du général américain le plus doué du dernier demi-siècle, jusqu’à ce que la totalité de la tâche soit réalisée – jusqu’à ce qu’aussi bien l’Irak que l’Afghanistan soient pacifiés, Osama Ben Laden expédié, et l’Iran empêché d’acquérir des armes nucléaires. Si les Démocrates ont une façon de penser différente, ils auront alors à dire précisément quelle partie du contrat global ils contestent, quel général et quel plan militaire ils ont à l’esprit comme capable de finir le travail, pour autant qu’ils sachent le définir. Bonne chance.


Jeffrey Bell est membre occasionnel au centre d’éthique et de politiques publiques(EPPC), où il a rédigé un ouvrage sur le conservatisme social américain qui sera publié par Encounter Books en 2009.

 

http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/015/038lzirr.asp




par M. Brzustowski publié dans : Irak 2003-2008
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Jeudi 17 avril 2008


IRAK


AFGHANISTAN

par drzz publié dans : Irak 2003-2008
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