Présentation

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Rechercher

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Lundi 5 mai 2008



Ivan Rioufol - La révolution conservatrice, apparue aux Etats-Unis dans les années 80, est un phénomène qui ne cesse de s'amplifier en Europe, depuis 1996. Après la victoire de Silvio Berlusconi et de la Ligue du Nord, en Italie il y a deux semaines, l'échec que viennent d'accuser les travaillistes britanniques aux élections locales annonce un probable retour des conservateurs, à l'issue des législatives de 2010. Les élections de Gianni Alemanno à la mairie de Rome et de Boris Johnson à celle de Londres sont symboliques de ce virage qui a amené Nicolas Sarkozy à l'Elysée, il y a un an. Mais si les droites italienne et britannique savent produire des personnalités non-conformistes, la droite française apparaît encore corsetée et soucieuse du qu'en-dira-t-on médiatique, qui ne fait pourtant pas mystère de ses penchants "progressistes". Ainsi, dimanche, c'est le leader de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, qui veut créer le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui sera l'invité de Michel Drücker sur TF1.


  
 Cette empathie de la majorité des médias pour la gauche et ses extrêmes a pris des proportions inouïes avec le soutien apporté au candidat démocrate américain, Barack Obama, noyé sous les éloges pour son métissage, son pacifisme et sa vision multiculturaliste de la société.Si je n'ai pas vu dans les librairies une seule biographie du républicain John McCain (qui pourrait bien être pourtant le prochain président des Etats-Unis), celles sur Obama ne manquent pas. Or, son parcours n'est pas seulement celui d'une réussite sociale. Il a dû se séparer, la semaine dernière, de son ancien pasteur, Jeremiah Wright, dont il était proche. Il faut dire que Wright salue l'antisémitisme de Louis Farrakhan, chef du mouvement Nation of Islam, soutient les Palestiniens contre Israël, accuse le gouvernement américain d'avoir répandu le virus du sida dans la communuté noire et attribue le 11-septembre au "terrorisme" des Etats-Unis. Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es...

par drzz publié dans : Idées
ajouter un commentaire commentaires (12)    créer un trackback recommander
Lundi 7 avril 2008


CONTRASTE



par drzz publié dans : Idées
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 31 mars 2008



Par Robert Redeker

Laisser les propos de Marion Cotillard à leur insondable sottise serait une erreur. En mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York (Le Monde du 5 mars), l'actrice a en effet offert un puissant amplificateur à "la théorie du complot". Ces divagations ne relèvent pas d'un éclair d'imagination délirante, mais d'opinions répandues. Il importe donc de les analyser.

L'autodésignée "théorie du complot" se ramène à la vision délirante selon laquelle la réalité, jusque dans ses détails, fait l'objet d'une manipulation occulte dont la vérité est masquée à l'humanité. Ce conspirationnisme se développe à partir d'un usage dément du principe du doute. Il prend la forme d'une croyance affirmant qu'on ne doit rien croire de ce qui nous est dit et pose l'incroyance radicale en toute vérité établie comme norme.

En apparence, il s'agit d'une négation généralisée : nier par principe toute vérité attestée par des procédures reconnues et diffusée par les canaux habituels. En réalité cette négation masque une double affirmation : d'une part, toute vérité officielle, fût-elle inscrite dans les livres d'histoire, n'est que mensonge ; d'autre part, la vérité cachée est le contraire de ce qu'on nous dit. On nous dit que Coluche est mort d'un accident, le vrai est qu'il a été assassiné ! On nous dit qu'Al-Qaida a commis les attentats du 11-Septembre, le vrai est que ce sont les Américains qui en sont les auteurs ! On nous dit que l'homme a marché sur la Lune ? Mensonge ! La preuve ? Cette fable profite aux Américains ! La dialectique conspirationniste postule que la vérité est l'exact contraire de la vérité affirmée et attestée. Cette dialectique ne s'alimente que de quelques détails insignifiants mis en exergue au titre de preuves.

Rien de plus dangereux que ce tour d'esprit ! On y reconnaît la logique négationniste. Le succès dans les masses de cette façon de raisonner faux, conduisant à tenir pour vérité le contraire de la vérité dès lors que celle-ci est officielle, ne laisse pas d'inquiéter - c'est ainsi qu'argumentent les négationnistes, ces autres faussaires de l'histoire.

On devine les avantages narcissiques de la croyance dans cette théorie : son adepte s'épanouit dans le sentiment de détenir un secret d'une extrême importance. Il jouit d'en savoir plus que les plus grands savants. Il n'a pas eu à produire d'efforts pour s'élever au-dessus des sommités, il lui a suffi d'appliquer une disposition d'esprit : le rejet de toute vérité affirmée officiellement. Dans cette négation triomphe le ressentiment contre les élites de la connaissance et se déploie une figure contemporaine de l'anti-intellectualisme. Plus gratifiant encore : l'adepte de cette théorie éprouve l'ivresse d'avoir réussi à déjouer un piège collectif, dans lequel l'humanité ordinaire tombe. Il se découvre plus malin que le conspirateur qui, sous des guises diverses, trompe l'humanité depuis des siècles !

La "théorie du complot" ne vit que d'un fantasme : la manipulation occulte. Cette obsession croît exponentiellement : plus la vérité est importante, plus elle est cachée et plus complexes en sont les manipulations. D'où Dan Brown et son Da Vinci Code : l'Eglise s'est constituée pour cacher la vérité sur le Christ. Le conspirationnisme a sa méthode : pour trouver la vérité cachée, il faut croire le contraire de ce qui est officiel. Il n'y a pas de preuves ! C'est qu'elles ont été dissimulées par les conspirateurs ! L'absence de preuves manifestes constitue un argument en faveur de la conspiration.

Cette théorie dénonce aussi les manipulateurs. Pour Dan Brown, c'est l'Eglise qui tient ce rôle. Généralement ce sont les juifs. La négation du caractère terroriste des événements du 11-Septembre voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation. Nier l'événement du 11-Septembre, c'est affirmer la culpabilité américano-sioniste. Avec des variantes connues - la banque, l'argent apatride -, ces métaphores du juif. Les versions contemporaines de la "théorie du complot" se coulent dans une matrice : Les Protocoles des sages de Sion.

La théorie du complot est un ersatz des grands récits concernant le destin de l'humanité. Contre-grand récit, elle est une storytelling. Pouffer de rire devant son énonciation reste trop court. Sa parenté avec Les Protocoles des sages de Sion, son identité de structure intellectuelle avec la logique négationniste incitent à la méfiance : la théorie du complot est l'un des viscères réparés, renouvelés, du ventre d'où est sortie jadis la bête.

 

  http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/03/29/marion-cotillard-et-les-complots-par-robert-redeker_1028772_3232.html

 

 


par Adamastor publié dans : Idées
ajouter un commentaire commentaires (77)    créer un trackback recommander
Mardi 25 mars 2008

  

JO de Pékin : aïe, aïe, dalaï

  

Lundi 24 mars, l’Agence France Presse (AFP) informe qu’à Olympie (Grèce), le dirigeant de Reporters sans Frontières Robert Ménard a « perturbé la cérémonie d'allumage de la flamme des jeux Olympiques de Pékin ». L'AFP ajoute que Robert Ménard mènera des actions jusqu'au 8 août, date de l'ouverture des Jeux. Robert Ménard a été emmené par la police grecque de Pyrgos, à 80 km d'Olympie et a été interrogé, résume l’AFP.

  

Robert Ménard s'était approché de la tribune officielle pendant le discours du responsable communiste chinois du Comité d'organisation des jeux. « Ce que l'on veut c'est que les chefs d'Etats étrangers boycottent la cérémonie d'ouverture des jeux. Nous n'avons rien contre les JO, rien contre les athlètes. Nous alertons les Etats sur le fait que la Chine est la plus grande prison du monde », a déclaré Robert Ménard.

  

Le même lundi 24 mars, l’AFP informe que le président Nicolas Sarkozy a adressé au président communiste chinois Hu Jintao un message lui faisant part de sa profonde émotion à la suite des événements tragiques récents (ndlr la répression sanglante de manifestations pacifiques, répression qui a causé au moins 130 morts). La France était restée jusque-là très discrète sur la situation au Tibet, précise l’AFP. A l'inverse, la Grande Bretagne s'est déclarée prête à rencontrer le dalaï lama. Et l’Allemagne a cessé ses pourparlers avec la Chine en matière de développement économique.

  

Mardi 25 mars, lexpress.fr cite les propos du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner interviewé sur Europe 1 : « La première des exigences, avant de parler des Jeux olympiques qui se tiendront au mois d'août, ce serait l'accès au Tibet et dans les autres provinces pour que les journalistes puissent faire leur travail (…) Arrêtons de parler du boycott, personne ne réclame, surtout pas le dalaï-lama, le boycott des Jeux olympiques, ne soyons pas plus tibétains que le dalaï-lama (…) On a un absolu besoin d'être efficace, c'est-à-dire prendre en compte à la fois la position des Chinois et celle de nos amis tibétains ».

  

Et Kouchner de poursuivre : « Il faudrait trouver une façon de parler avec les Chinois, une façon d'exiger, de permettre que les Chinois parlent avec les Tibétains (…) Si la cérémonie d'ouverture ou si les Jeux olympiques permettent cela, de la façon la plus insistante, la plus douce et la plus têtue possible, eh bien ce sera bien ». Kouchner a émis l'espoir que les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne, qui se réuniront vendredi en Slovénie, adoptent une position commune parce que « cette répression n'est pas supportable », a conclu Kouchner, toujours cité par lexpress.fr.

  

Dans le Figaro du 21 mars, Ivan Rioufol notait : « Cinq mois avant les Jeux olympiques de Pékin, l’insurrection des jeunes moines tibétains. Ils reprochent aux Chinois de favoriser une immigration de substitution aboutissant à un ‘génocide culturel’. ‘La langue, les coutumes, les traditions du Tibet sont en train de disparaître’, se plaint le dalaï-lama. Le prix Nobel de la paix s’est toujours tenu à la non-violence. Comment ne pas l’aider dans son combat contre un totalitarisme qui a entrepris de nier l’existence d’un peuple ? Le boycott de cette grande foire aux dopés que sont devenus les JO reste un moyen ».

  

Si j’ai bien vu et entendu André Glucksmann sur FOG ce week-end – je n’étais pas très concentré et il y avait du brouillard –  le philosophe français vient lui aussi d’appeler au boycott des JO de Pékin. Quant à moi, je n’ai pas, en matière de boycott, de leçons à donner. Ivan Rioufol écrit que le boycott « reste un moyen ». Il n’écrit pas que « c’est le moyen » ou que « c’est le seul moyen ». Je suis donc plutôt d’accord avec la formule selon laquelle le boycott « reste un moyen ».

  

Car le boycott ou le non boycott ne se réduit pas à un choix entre le bien absolu ou mal absolu. Si le boycott est un moyen, il faut définir les objectifs et l’ordre de priorité de ces objectifs. Une fois ceux-là fixés, on peut alors redéfinir les moyens. De même, on ne peut pas maintenir des objectifs et des priorités que l’on n’a pas les moyens d’atteindre. Un boycott n’est pas un concert amateur et bénévole. Bien sûr, tout cela n’est que bon sens. Cela va de soi, n’est-ce pas ? Mais le bon sens va d’autant plus de soi quand on le rappelle…

  

Or justement, sur les objectifs du boycott et sur l’ordre de priorité de ces objectifs, je n’ai pas lu, vu et entendu grand chose, excepté la simple et seule formule « droits de l’homme ». Au-delà de la formule, j’aurais aimé connaître les objectifs très précis et très concrets du boycott par rapport à l’avancée des droits de l’homme. Sans quoi, on risque de faire avec le dalaï tibétain la même erreur qu’avec la dame au cursus franco-colombien. Les stars plus ou moins ridées des droits de l’homme seront alors une fois de plus exposées à la lumière gratifiante (quoi que…) des spots médiatiques. Mais les opprimés resteront des opprimés. Et les droits de l’homme n’avanceront guère.

  

Je soutiendrai fermement le boycott des JO de Pékin sur les sites et les blogues qui accueillent mes articles lorsqu’on m’aura convaincu de l’efficacité et de l’honnêteté de ce moyen qu’est le boycott. Dans l’intervalle, je dirai, comme Ivan Rioufol, que le boycott « reste un moyen ».

  

Miguel Garroté

  

http://www.monde-info.blogspot.com 

  

  

par Miguel Garroté publié dans : Idées
ajouter un commentaire commentaires (52)    créer un trackback recommander
Vendredi 21 mars 2008


Décidemment, les médias francophones ne savent plus où donner de la tête. En 2004, ils moquaient le néoconservatisme dont ils annonçaient la mort imminente. En 2007, les commentateurs de droite se bousculaient pour demander "un néoconservatisme français", avant d'en prédire la fin trois mois plus tard. 

Nos grands esprits continuent à valser aujourd'hui. Voyez Francis Fukuyama, un intellectuel-girouette ayant prédit la fin des néoconservateurs quand ces derniers étaient en difficulté. Trois ans plus tard, il signe un ouvrage retraçant les origines du mouvement ! 

Est-ce une surprise ? Pas vraiment. La gauche s'est exfiltrée de l'histoire et a brouillé ses modèles de compréhension du monde. Dépassée par les évènements, elle tente aujourd'hui de rattraper son retard. Aussi lit-on des articles comme celui ci-dessous, qui découvre la pensée néoconservatrice sept ans après le 11 septembre.

Il s'agit d'un billet publié par un quotidien suisse et découvert par DJ - merci à lui. Je vous laisse juger de la pertinence de l'analyse donnée ici par Olivier Meuwly, historien.

Notons par ailleurs que "le blog drzz" et ses alliés sont les seules plateformes ayant expliqué la teneur du discours néoconservateur depuis 2006. Si l'on en croit M. Meuwly, le néoconservatisme restera comme "l'un des phénomènes marquants du début du XXIe siècle politique". Vous imaginez ?

Félicitations aux lecteurs du blog drzz ! Vous êtes ainsi les rares francophones à vivre de plein pied dans votre temps.

L'histoire humaine est par essence l'histoire des idées. (Herbert Wells)



LE TEMPS, 13 MARS 2008

Parmi les nombreuses
questions que recèlent les élections américaines, l'une d'elles concerne l'avenir de la pensée néo-conservatrice, alors même que s'achève le long déclin de celui qui incarna justement le conservatisme de son pays huit années durant. Mais il se trouve que le discours conservateur a essaimé en Europe, comme le montrent sa percée en Suisse, dans le sillage de l'UDC, et l'avènement de Nicolas Sarkozy, fortement tributaire des suffrages des conservateurs français. Ces événements doivent nous amener à nous intéresser au phénomène «néo-conservateur» qui restera, quoi qu'il arrive, comme l'un des phénomènes marquants du début du XXIe siècle politique.

«Néo-conservateur», ou en raccourci «néo-cons»: l'épithète fait pourtant frémir depuis qu'elle est systématiquement accolée aux ruades bellicistes de l'administration Bush. N'entend-on pas en effet régulièrement que les harangues guerrières lancées par le gouvernement américain lui ont été inspirées par des «think tanks» rattachés à la mouvance néo-conservatrice? C'est devenu l'un des lieux communs du discours moderne.

Mais que signifie l'étiquette «néo-conservatrice»? C'est ce que s'est demandé, dans un ouvrage récent*, le politologue américain Francis Fukuyama, célèbre par son livre sur la fin de l'histoire. Au fil d'un bref mais stimulant essai, il tente de suivre l'histoire de la pensée néo-conservatrice et d'expliciter son contenu actuel. On remarquera que le détour américain permet de mieux saisir certains des ressorts de cette pensée, y compris dans sa version européenne.

Le néo-conservatisme apparaît dans les années 1930 à New York, sous la plume d'anciens étudiants trotskistes. Viscéralement anticommunistes, ils vont abandonner leurs oripeaux marxistes dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et porter main-forte aux anticommunistes «classiques» des USA, dominés par les idéaux libéraux (au sens européen du terme) et religieux du parti républicain. Leur ancrage à droite se poursuivra dans le courant des années 60 du XXe siècle, où les néo-conservateurs vont combattre en rangs serrés la Nouvelle gauche largement adossée aux mouvements culturels alternatifs, et souvent libertaires, alors en vogue.

A travers le sas néo-conservateur s'est ainsi créé un vaste terrain doctrinal vers lequel convergeront contempteurs des institutions internationales et du relativisme ambiant, adversaires de toute ingénierie sociale, zélateurs d'une démocratie que les USA se doivent d'imposer au monde quitte à renverser par les armes les régimes dictatoriaux en place, ainsi que certains tenants d'un anarcho-capitalisme qui, au nom d'une liberté absolue, rejettent en réalité l'idée même d'Etat. Mais l'arrière-fond «gauchiste» n'a jamais été aboli: on sait que le «conservatisme de la compassion» brandi par Bush lors de sa première campagne électorale lui a été dicté par un professeur d'Austin, lui-même ancien trotskiste. Ainsi nanti d'un discours à la fois moral et économique, le néo-conservatisme fut alors à même de conquérir de larges pans de la droite américaine.

Et les origines gauchistes du néo-conservatisme, associé à un messianisme démocratique indéniable, ne peuvent que nous interroger sur les mutations subies par le conservatisme sous nos latitudes, représenté, en Suisse, représenté dans une large mesure par l'UDC. Retrouve-t-on dans ce parti certains éléments propres au néo-conservatisme américain?

A certains égards, oui. On a souvent relevé que l'UDC avait attiré un vaste électorat ouvrier, et on a attribué cette affection des petites gens pour ce conservatisme de droite au discours très social, aux accents parfois populistes, tenu par les responsables de ce parti. Mais la réponse est incomplète. Si M. Blocher aime à citer Hayek, on a repéré aussi un grand nombre d'anciens adeptes du mouvement soixante-huitard qui, au seuil des années 90, ont passé avec armes et bagages du côté de l'UDC, surtout en Suisse alémanique. Et si l'isolationnisme prôné par M. Blocher et ses amis relève partiellement du néo-conservatisme, leur mystique du peuple et leurs assauts contre l'Etat providence rappellent bien l'idéalisme démocratique et antibureaucratique des «néo-cons», truffé de références à la fois libérales, au nom de la liberté individuelle, et traditionnelles, comme expression d'une liberté collective comme authentique foyer de sécurité et de ressourcement.

Cette dimension traditionnelle se reflète d'ailleurs dans l'appel religieux auquel se livrent les discours conservateurs. De l'évangélisme «born again» de Bush à la piété protestante du fils de pasteur qu'est Christoph Blocher, en passant par le retour aux valeurs religieuses fondatrices de la France que réclame Sarkozy, la religion resurgit comme ferment de l'unité morale unissant les membres de toute collectivité. Dans cette reconstruction éthique, les prolongements libéraux, voire ultralibéraux parfois, sont à la fois banalisés et contrôlés: le libéralisme économique est dégommé comme fin en soi d'un absolutisme libertaire, mais s'impose comme conséquence logique d'un mouvement qui place la liberté individuelle et nationale au centre du processus social.

Cette reconstruction morale autour d'un discours conservateur reformulé explique l'alliance entre gauchistes déçus et gens de droite déçus d'un socialo-libéralisme étatique et individualiste. Car trotskistes et néo-conservateurs ont puisé, à un moment de leurs développements respectifs, à une source identique: une mythique pureté originelle, identifiée au peuple fier de ses origines et de sa prétendue supériorité morale. Ce romantisme a essaimé à droite et à gauche. Il n'était dès lors pas étonnant que ses partisans s'assoient un jour à la même table. En Suisse ou en France, où l'amitié subite de maints intellectuels de gauche pour le locataire de l'Elysée ne peut se comprendre par les seules séductions du «bling-blingisme» présidentiel...

Avec ou sans Bush, face à une droite libérale qui ne comprend plus ses fondements conservateurs [?], le néo-conservatisme de ce début de siècle n'est donc pas près de s'éteindre. La question est plutôt de savoir s'il demeurera amarré à droite ou s'il continuera à se ramifier vers la gauche [?], notamment à travers l'écologisme, comme on le constate de plus en plus.

*Francis Fukuyama. «D'où viennent les néo-conservateurs?», Grasset, Paris 2006.

par drzz publié dans : Idées
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

English / Deutsch



Click on the flag for the language


La rédaction du blog drzz

Les VIP qui consultent le blog drzz

 

Freedom fighter

   



AUDIENCE 
(cliquez sur la carte) :

Locations of visitors to this page 

drzz7@hotmail.com   



MCCAIN FOR PRESIDENT 
2008




Blog philo-sioniste, catholique et néoconservateur. Qu'est-ce que tout cela veut dire ? 
Réponses


 "Si vous n'êtes pas de gauche à vingt ans, c'est que vous n'avez pas de coeur. Si vous n'êtes pas de droite à quarante, c'est que vous n'avez pas de cerveau !" Winston Churchill

 

REGARDEZ les vidéos CREEES PAR Le blog drzz POUR SOUTENIR LA LIBERTE 

 

LISEZ LE rapport SUR BARACK OBAMA

Plus de 50 article du blog drzz pour vous réinformer sur le pire candidat des présidentielles

"Que règne la liberté !"

Note du Président  George W. Bush sur un message de Condoleezza Rice annonçant le transfert de souveraineté aux Irakiens, 28 juin 2004.

LISEZ LE rapport SUR L'IRAK

Plus de 150 article du blog drzz pour vous réinformer sur l'Irak

Les articles du blog drzz circulent sur Résilience TV, GOP France, Houmous.net, Little Green Football, Desinfos.com, FreeRepublic.com, les 4 Vérités Hebdo, Military.com, Arouts Sheva, Ludovicmonnerat.com...  

"Les hommes libres changeront le cours de l'Histoire." George W. Bush

 

LISEZ LE rapport SUR L'ISLAM

Plus de 50 article du blog drzz pour vous réinformer sur l'islam

"Les communistes sont ceux qui ont lu Marx. Les anti-communistes sont ceux qui l'ont compris." Ronald Reagan

LISEZ LE rapport SUR LE MYTHE DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Plus de 50 article du blog drzz pour vous réinformer sur le climat

"Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre" Churchill à Chamberlain

LISEZ LE rapport SUR LA CRISE AVEC L'IRAN

Plus de 20 article du blog drzz pour vous réinformer sur la crise du nucléaire iranien

créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus