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Vendredi 4 avril 2008


On en apprend de belles





                                                                          par Laurent Murawiec, de l'Hudson Institute


http://www.menapress.com/article.php?sid=2015







L’Irak saddamien était bien un lieu de rendez-vous protégé de la terreur djihadiste et terroriste internationale

Que dit la sagesse des nations ? « Tout vient à point à qui sait attendre ». On nous l’a répété à satiété : l’Irak de Saddam n’avait rien de rien à voir avec al-Qaida. Bush avait donc menti. La Guerre d’Irak était illégitime. C’était un prétexte pour mettre la main sur l’or noir (pour qu’il coûte moins cher !), pour les profits d’Halliburton, pour servir les intérêts d’Israël, et ceux, évidemment, de la domination impérialiste du Moyen-Orient. N’oublions pas que l’Irak de Saddam n’avait rien à voir, en général, avec la terreur, ni avec al-Qaida, en particulier, et que seule l’invasion américaine a amené les djihadi par milliers à venir en Irak pour y constituer le centre nerveux de la terreur mondiale ; oublions au passage que les Américains en ont tué pas loin de 35 000 ; les djihadi sont venus, ils ont vu, ils ont été vaincus. Il y a des évidences dont l’examen prouve l’inanité, sans les empêcher d’être sans cesse rabâchées.

 

Al-Qaida préparait l’insurrection, en Irak, avant l’invasion américaine

 

Eh bien, ayant attendu un peu, on en apprend de belles! On apprend que le 17 Février 2008, Al-Ekhlaas, le forum terroriste numéro un (protégé par mot de passe) sur le Net, publiait un document d’al-Qaida sur la vie et l’œuvre d’Abou Moussa Al Zarqawi, le tueur fou du djihad, qui dirigea AQI - al-Qaida en Irak -, à grands renforts de massacres et de décapitations, avant de se faire proprement dégommer par une bombe américaine. Le texte, signé par « Saif Al Adel », pseudonyme d’un dirigeant important de l’organisation djihadie, indique que Zarqawi était arrivé dans les zones sunnites du centre de l’Irak avant le déclenchement de l’assaut américain, en 2003, pour y préparer l’insurrection contre les Américains (baptisée « résistance » par le crétinisme médiatique ambiant). [1]

 

On était déjà au courant de la présence de Zarqawi en Irak du Nord avant la guerre, où il avait travaillé avec « Ansar al-Islam », groupe irakien affilié d’al-Qaida et actif dans les zones kurdes du pays. Ansar al-Islam avait aidé des membres d’al-Qaida proprement dit à s’installer en Irak – avant la guerre. Bien que l’auteur nie qu’al-Qaida ait entretenu des relations avec le régime de Saddam, cela n’empêche pas que l’organisation de Bin Laden se soit trouvée sur place avant l’invasion américaine, au motif unique d’y préparer la lutte contre les forces américaines.

 

 

Quelles que soient les dénégations de « Saif Al Adel », il n’y a aucune raison de supposer que le régime policier et totalitaire de Saddam n’ait pas été au courant de la présence d’al-Qaida, et de celle de Zarqawi : ce dernier séjourna dans les zones sunnites du centre de l’Irak, totalement acquises – la suite insurrectionnelle l’a montré – à Saddam Hussein. On voit mal Zarqawi préparer une insurrection et mettre sur pied des cellules terroristes en plein territoire saddamien et à l’insu des multiples services barbouzards du régime –. En fait, on voit mal qu’il ait pu se passer de leur approbation.

 

L’auteur a beau prétendre qu’ « il n’y avait pas de relations entre [Zarqawi] et le régime de Saddam qui vaillent d’être mentionnées », mais peut-être y avait-il des relations qui valent de ne pas l’être. En tout état de cause, « le frère Abou Moussab [Zarqawi] décida d’aller en Irak… Notre analyse était que les Américains, tôt ou tard, feraient l’erreur d’envahir l’Irak, que l’invasion mènerait à la chute du régime, et que nous devrions jouer un rôle important dans la confrontation et la résistance, et que c’était là notre chance historique d’établir l’Etat islamique… ». Ajoutons que le régime de Saddam avait lui-même préparé une guerre insurrectionnelle dans les régions sunnites, ouvrant la possibilité de synergies entre saddamiens et djihadi, qui se manifesta effectivement pendant la période 2004-2007 –. Les fables épousées par la quasi-totalité des media internationaux concernant la « résistance » spontanée « des Irakiens » s’évaporent, quelles qu’aient été les erreurs commises du côté américain.

 

Le « proconsul » de Bagdad se prend pour Mac Arthur

 

 

Et, a propos d’erreurs américaines : on trouve dans un long article de l’excellent reporter qu’est Michael Gordon, paru le 17 mars dans le New York Times [2], l’histoire ahurissante qui suit : comment la décision prise par Bush (et Rumsfeld, et son adjoint Doug Feith), dix semaines avant l’invasion de 2003 – de purger les généraux baasistes et de garder les officiers – fut du jour au lendemain, à la hussarde, révoquée par Paul Bremer, le « proconsul » américain à Bagdad. On apprend ainsi qu’au cours d’une réunion du Conseil national de sécurité, le 22 mai 2003, Bremer « informa le président et ses adjoints qu’il s’apprêtait à émettre un décret dissolvant l’Armée irakienne ». Cette décision équivalait à ouvrir un bureau de recrutement aux djihadi, puisque les cadres supérieurs de l’Armée de Saddam étaient surtout sunnites.

 

Le lendemain, le décret paraissait. Bremer « avait pris la décision sans consulter le gouvernement [américain], sans discuter avec le secrétaire d’Etat [Colin Powell], ni le plus haut gradé américain en Irak, le général David D. McKiernan. ». Powell – qui a la menterie facile quand il s’agit de protéger sa réputation – rapporte cependant qu’il s’en ouvrit à Condi Rice, alors conseillère à la Sécurité nationale. « Condi, que s’est-il passé ? » Et elle de répondre : « J’ai été surprise, mais la décision est prise et le président soutient [Bremer]. C’est lui qui est sur le terrain. » Powell conclut : « Fin du débat ».

 

On croit rêver : une décision présidentielle est annulée par un haut fonctionnaire manipulateur qui prend tout le monde à l’improviste et fait passer en force une décision désastreuse. Le président, loin de piquer un fard, accepte humblement de se faire négligemment traiter comme un subalterne sans importance. Ses conseillers – dont la mission aurait dû être de mettre le holà à cette folie, ne disent rien. Le plan développé avant l’invasion par le général Jay Gardner, qui fut le premier administrateur américain en Irak, était pourtant bien clair : l’Armée irakienne contribuerait à la protection du territoire et agirait comme force de reconstruction nationale. Le 12 mars 2003, huit jours avant l’invasion, l’adjoint de Rumsfeld, Feith, présenta le plan au NSC. Il prévoyait de dissoudre la Garde républicaine, les prétoriens de Saddam – pas l’armée. Feith lançait aussi un avertissement : on ne peut licencier 250 à 300 000 soldats et les jeter à la rue. Le général Abizaid, numéro deux des forces américaines, remarquait, avec pertinence, que les armées arabes sont nombreuses, parce que cela permet aux gouvernements de neutraliser les jeunes gens en colère afin qu’ils ne courent pas les rues et de les encadrer.

 

Le général Mc Kiernan rapporte qu’il ne fut jamais consulté. Les sources consultées par Michael Gordon jurent que Bremer avait tout orchestré pour que le reste du gouvernement, tous ceux qui avaient la charge du dossier irakien, ne sachent rien de la décision qu’il tramait, ce, jusqu’au dernier moment. En un mot, explique un haut fonctionnaire cité, « la décision la plus grave de l’occupation fut prise en secret, sans que les principaux conseillers du président aient l’occasion de l’examiner et de présenter leurs vues au président ». Les chefs d’état-major des Forces armées (joint chiefs) n’eurent pareillement pas l’occasion d’en débattre. Mais quand Bremer et ses adjoints présentèrent leur plan de « reconstruction » d’une armée qu’ils venaient de détruire, elle était si petite et si inadéquate qu’elle ne put contribuer à la sécurité du pays.

 

On s’en serait douté, Bremer défend aujourd’hui sa décision en mentant comme un arracheur de dents et en « chargeant » tous les autres. C’est qu’entre-temps, Bush lui a décerné, à l’issue d’un choix des plus ineptes, la plus haute décoration civile des Etats-Unis, la Médaille présidentielle de la liberté – en compagnie de cet incompétent banqueroutier, George Tenet, dont la CIA, sous sa direction, fut incapable de détecter quoi que ce soit des machinations ourdies contre les Etats-Unis.

 

Il y a ici des leçons à méditer :

 

D’abord, l’incroyable ineptie de Bush, manœuvré comme un bleu par sa bureaucratie, incapable de défendre ses propres décisions, incapable des les imposer à ses subordonnés, incapable d’en tirer les leçons, sauf une fois par an, quand la coupe est pleine et que la moutarde lui monte au nez. Ca ne fait évidemment pas une politique. Dans de telles circonstances, le choix des hommes est décisif, et c’est probablement là que le bât blesse le plus cruellement.

 

Puis l’ineptie non moins croyable de ses proches conseillers, Condi Rice la première, qui, au lieu de stopper ou de freiner la décision de Bremer, pour que le président puisse prendre son temps, se tut et accepta l’usurpation de pouvoir, n’exerçant donc pas son rôle d’ « aiguilleur en chef », régulatrice du trafic des décisions entre ministères et autorités. Ineptie condamnable et nuisible.

 

Encore, la méthode suivie par le diplomate Bremer est celle que pratiquent, sans vergogne ni interruption, le département d’Etat et la CIA. Elle consiste à manipuler, utiliser le secret, les fuites de presse, pour circonvenir les représentants élus par le peuple, qu’ils méprisent et qu’ils considèrent tout juste bons à être blousés.

 

Les conséquences sont gravissimes, pour l’Irak et pour les Etats-Unis, de l’incroyable légèreté de Bremer, qui se prenait vraiment pour le « Mac Arthur de Bagdad », et ne tolérait aucun manquement à son autorité. Voilà ce qui se passe quand on laisse la bride sur le cou des fonctionnaires ; irresponsables, ils ne rendent de comptes à pas grand monde, surtout si le président a renoncé aux prérogatives de sa charge : qui veut être président doit dompter la bureaucratie, et non se faire rouler dans la farine par elle. Cela, Bush ne l’a jamais su ni compris.

 

Ajoutons que le crétinisme qui attribue aux « néo-conservateurs » tous les péchés de la Guerre d’Irak est battu en brèche par ces révélations : c’est Bremer et les diplomates, c’est Bush et Condi, alors que les néo-con avaient vu juste. Qui va faire son mea culpa ? Ne comptons ni sur les idéologues, ni sur les menteurs pour se porter volontaires – autant dire que les media n’ont aucune intention de se dédire : ils sont toujours infaillibles, ces braves gens.

 

13 conférences de terroristes convoquées par Saddam dans l’année qui précéda l’invasion

 


Autre pièce versée cette semaine au dossier : un rapport commandé par le gouvernement à l’Institute for Defense Analysis (IDA) (l’Institut pour l’analyse de la Défense), l’un des principaux instituts de recherche militaire para officiels [3]. L’IDA a reçu du département de la Défense 600 000 documents irakiens (le Dossier « Harmonie »), saisis à Bagdad par les forces américaines. Leur analyse montre une entreprise systématique d’étroite collaboration entre les services secrets irakiens et les affiliés régionaux d’al-Qaida, dont le Djihad islamique égyptien, ex-group de Zawahiri, le numéro deux d’al-Qaida.

 

Parmi ces documents, un rapport annuel de 2002 à la section M8 (Directoire des mouvements de libération nationale) du Service de Renseignement Irakien (IIS), montrant que l’IIS avait convoqué 13 conférences de terroristes dans l’année – un an avant l’invasion – et que Saddam avait reçu personnellement pas moins de 37 messages de félicitations de groupes terroristes internationaux. L’IIS avait émis 699 faux passeports au bénéfice de terroristes pendant l’année. Certes, Saddam et Bin Laden étaient en désaccord au sujet de la finalité : restauration du Califat ou hégémonie irakienne sur le panarabisme et la région. Cela n’a jamais empêché les collaborations, fussent-elles uniquement ponctuelles, pourvu qu’elles soient anti-occidentales. Commentaire d’un expert : c’est comme la collaboration entre le Cartel de la cocaïne de Cali et celui de Medellin. Autrement dit – et il y a une masse de documents qui vont dans le même sens, l’Irak saddamien était bien un lieu de rendez-vous protégé de la terreur djihadiste et terroriste internationale.

 

L’ « image de toute l’Affaire » tranche avec le récit médiatique

 

Il faut tout le réductionnisme de l’expertise molle ou nulle qui sévit en Occident pour classifier comme des entités rigidement organisées et isolées les unes des autres les groupes djihadistes. Pour les traiter comme des partis parlementaires occidentaux – pour prendre avec des pincettes les traces de ces collaboration, et n’y pas voir une entreprise d’importance : comme Téhéran, Damas, et la partie immergée de l’establishment saoudo-wahhabi, la Bagdad saddamienne était membre du grand carré d’as de la terreur arabo-musulmane, sans oublier le joker du mouvement palestinien. Une administration pourvue de ses esprits aurait joué cette carte dans son œuvre de relations publiques et diplomatique, sans attendre le crépuscule.

 

Au bilan, ces trois affaires nous montrent la singulière impéritie de l’administration Bush ainsi que la genèse et le visage véritables de l’insurrection en Irak. Il aurait été souhaitable de ne pas perdre quatre ans pour y arriver. Ce que l’on appelle l’image de toute l’affaire diffère en tout cas fondamentalement du récit que l’engeance médiatique et l’establishment multinalionalisto-onusien en a donné. Conjugués, ces deux facteurs ont fait de la guerre un embrouillamini complet, jusqu’au Surge (la contre-offensive américaine victorieuse contre les terroristes. Ndlr) en tout cas. Les succès impressionnants enregistrés sous l’égide de généraux Petraeus et Odierno avec la guerre contre-insurrectionnelle ont permis de remonter la pente, mais celle-ci aura été bien plus abrupte qu’elle aurait pu et dû l’être.

 

 

Notes :

 

[1] http://www.freerepublic.com/focus/f-news/1986706/posts

[2] http://www.nytimes.com/2008/03/17/world/middleeast/17bremer.html

[3] http://www.scribd.com/doc/2280917/Iraqi-Perspectives-Project-Saddam-and-Terrorism-Emerging-Insights-from-Captured-Iraqi-Documents


par Adamastor publié dans : Irak 2003-2008
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Vendredi 4 avril 2008




sous-marin Varshavyanka

  

Chavez va s’offrir trois sous-marins russes -

  

Trois sous-marins russes de type Varshavyanka seront visiblement bientôt vendus au Vénézuéla. La signature du contrat définitif devrait avoir lieu lors de la prochaine visite du président vénézuélien Hugo Chavez à Moscou en mai. Lors de la dernière visite de Chavez à Moscou, un haut responsable du complexe militaro-industriel russe Rosoboronexport avait déjà annoncé la vente de ces sous-marins au Vénézuéla. La Chine, l’Inde et l’Iran, entre autres pays, ont acheté des sous-marins russes Varshavyanka ces dernières années. Le Vénézuéla a déjà investi trois milliards de dollars dans l’achat d’armement russe, entre autre pour des hélicoptères de combat et pour des avions de chasse Sukhoi.  Miguel Garroté

  

par Miguel Garroté publié dans : Guerre contre la Terreur
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Vendredi 4 avril 2008

 

 
Les Américains ont fait un triomphe à la Obama girl, alors le blog drzz a décidé de vous montrer une supportrice de John McCain.

Heidi Montag, star du show "The Hills", a 
annoncé qu'elle allait voter McCain. Le candidat républicain s'est dit "très honoré" et assuré qu'il ne manquerait désormais aucun épisode de la série...  



par drzz publié dans : Présidentielles 2008
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Vendredi 4 avril 2008


America is making a difference in eastern Afghanistan  The Globe and Mail:

traduction M. Brzustowski



le 2/04 par Seth Jones

































BAGRAM- De retour de mon quatrième séjour au cours de l’année qui s’est écoulée, selon ce que j’ai pu observer, les Etats-Unis ont franchi un tournant déterminant en Afghanistan. Cela se traduit par des progrès contre les Talibans et d’autres groupes insurgés dans l’Est de l’Afghanistan, et ouvre une fenêtre d’opportunité pour étendre ces avancées substantielles vers d’autres zones.

La vision
consensuelle partagée à Washington
, s’appuyant sur plusieurs rapports récents, c’est que l’Afghanistan a sombré dans une spirale de violence. Plusieurs régions du pays ont assurément fait l’expérience d’une situation sécuritaire qui se détériore. L’Amiral Michael Mullen, responsable de la coordination des chefs d’Etats-majors, a récemment fait remarquer qu’on notait une augmentation des phénomènes de violence de 27% entre 2006 et 2007. La majorité de ces incidents se sont déroulés dans le Sud du pays, là où les Canadiens, les Britanniques et les Néerlandais affrontent les Talibans et d’autres groupes.

Cependant, dans l’Est de l’Afghanistan où se trouve déployé le gros des forces américaines
, le niveau de violence a décliné d’environ 40 % en 2007. A Khowst, une ville que j’ai visitée le mois dernier, les attaques-suicides ont chuté, passant d’une moyenne de une par semaine à une par mois.
La raison la plus significative correspond à un changement d’attitude dans la stratégie américaine. A partir des leçons tirées de l’histoire des expériences contre-insurrectionnelles britannique, française et américaine, les militaires américains ont considérablement concentré leurs efforts sur ce qu’on appelle le « pouvoir bienveillant » (« soft power »). Ceci s'est traduit par le fait de mettre l’accent sur les projets de reconstruction et de développement, plutôt que de donner un retentissement marqué aux opérations de combat.

Le coeur de cette stratégie s’enracine sur l’hypothèse forte
que les Afghans locaux constituent le centre de gravité des efforts déployés. Ils sont, en effet, nombreux ceux qui enragent à cause du manque de développement depuis toutes ces dernières années et sont sans illusion à propos d’une aussi piètre gouvernance. La stratégie américaine consistant à s’attaquer à ces préoccupations bien réelles s’échafaude autour de trois composantes essentielles :

-  La première réside dans le fait de s’engager dans des interactions étroites avec les chefs tribaux, de façon à identifier correctement les besoins et griefs et de développer des projets en conséquence qui puissent répondre à de telles insuffisances. Par exemple, à Khowst, le colonel Martin Schweitzer et le gouverneur de la province, Arsala Jamal, ont constitué des équipes pour construire des routes, des hôpitaux et des projets d’irrigation et de fourniture d’électricité.  
-  Le second volet de ces actions repose sur l’embauche d’Afghans locaux pour accomplir ces tâches. Une part importante de l’argent nécessaire à la réalisation de ces entreprises provient du commandant-responsable du programme d’attribution de fonds d’urgence, qui permet à la hiérarchie militaire d’allouer rapidement l’aide indispensable. D’autres subventions sont le fruit d’organisations telles que l’Agence Américaine pour le Développement International et, bien entendu, la Banque Mondiale.

-   La troisième phase, c’est la réalisation même des projets en question. Dans la province de Paktia que j’ai également visitée, les forces américaines qui opèrent sous la coordination de la « task-force 82 » mettent toute leur énergie à aménager des routes et à retaper les infrastructures d’acheminement d’eau et d’électricité. Dans la province de Kunar, l’installation de nouvelles routes pavées a provoqué un « boom » commercial dans la vallée de la rivière Pech, où les affrontements ont pour ainsi dire cessé.

Globalement, les résultats s’avèrent impressionnants
, et les efforts américains ont largement contribué à un déclin des violences perpétrées dans l’Est. Mais de tels progrès pourraient rapidement être anéantis, à cause d’une incapacité à répondre à plusieurs défis qui surgissent aussitôt.

L’un de ces dangers vient directement du Pakistan
. Chaque groupe insurgé majeur –tels les Talibans, le réseau de Sirajuddin Haqqani, le Hizb-i-Islami et Al Qaeda – apprécie particulièrement de disposer de son sanctuaire au Pakistan. Des personnalités, au sein même du gouvernement pakistanais, liées directement au service des douanes et à l’agence du renseignement inter-services (ISI-pakistanais), fournissent également une assistance aux groupes insurgés, spécialement aux Talibans et au réseau Haqqani.

L’incapacité américaine à persuader le Pakistan qu’il faut assécher ce marigot
et mettre un terme à son soutien de groupes rebelles mine considérablement la sécurité en Afghanistan et dans la région. Le soutien d’autres Etats, de l'extérieur, s’est jusqu’à présent avéré fatal pour les efforts contre-insurrectionnels. Depuis 1945, les insurrections, qui, comme en Afghanistan, ont bénéficié
de la part d' Etats d'un soutien s'étant maintenu ont eu gain de cause dans plus de la moitié des cas.

Un autre problème important relève de la faillite de la gouvernance
. Les Afghans sont de plus en plus déçus par leurs responsables locaux et nationaux qui sont corrompus et qui ont pour habitude de commencer par se servir eux-mêmes dans les caisses. Ce ressentiment est autant palpable dans les zones rurales que dans les villes. Il est de notoriété publique que des responsables des différents niveaux de districts provinciaux et nationaux sont directement impliqués dans le trafic de drogue.

Les efforts consentis dans l’Est par l’Amérique ont aidé les chefs locaux
à rétablir les services d’approvisionnement et la sécurité. Mais l’incapacité à stopper la corruption court-circuitera durablement ces évolutions positives.

Le challenge final sera celui qui concerne les ressources internationales
, encore loin d'être à la hauteur des besoins. L’Otan dispose péniblement de 50 000 hommes de troupe en Afghanistan, aux côtés de plus de 50 000 soldats de l’armée Afghane. Si l’on se fonde sur les estimations de la contre-insurrection, qui pensent que 4 soldats pour 1000 habitants sont nécessaires pour rétablir la sécurité, les besoins actuels en Afghanistan sont au moins de 128 000 soldats.

Subsiste un écart d’au moins 28 000 soldats
qui pourra être compensé par l’armée afghane avec le temps. Dans le proche avenir, cependant, c’est l’armée américaine qui devra pallier cette carence. Ceci requiert de faire des choix douloureux, consistant à envisager un redéploiement des forces américaines en Irak vers l’Afghanistan.

La guerre de l’Amérique contre le terrorisme a débuté en Afghanistan en 2001
, lorsqu’on a renversé le régime taliban. Il est grand temps pour les Etats-Unis d’achever le travail qu’ils ont commencé.








Seth G. Jones est un expert en sciences politiques à la Rand Corporation et l’auteur de « Ce qui va prochainement arriver sur la ruine des empires : la guerre de l’Amérique en Afghanistan ».

http://www.e-ariana.com/ariana/eariana.nsf/allDocs/2901C9D1B16DDB9D8725741F00554332?OpenDocument
  
 

par Brzustowski publié dans : Guerre contre la Terreur
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Vendredi 4 avril 2008

  

Les USA, la France et l’Eglise catholique -

  

Je tombe aujourd’hui, vendredi 4 avril, sur deux informations à la fois très distinctes et très complémentaires. Mais ces deux informations partagent une même qualité qui va irriter beaucoup de monde : elles parlent en bien des USA. La France et l’Eglise catholique ont des choses à apprendre des USA. Une véritable humiliation pour les anti-américains de tous poils. Lisez plutôt.

 
 

 
 
Vendredi 4 avril, à 10h51, Elizabeth Pineau, du bureau parisien de l’agence de presse britannique Reuters, écrit, dans une dépêche : « Bernard Kouchner qualifie de passéistes ceux qui, en France, dénoncent le rapprochement avec les Etats-Unis engagé par le président Nicolas Sarkozy (…) ‘Ce sont des passéistes. On ne bâtit pas une politique étrangère sur le seul anti-américanisme. Il y a une espèce de fixation malsaine, une courte vue, une espèce de paravent de l'impuissance’, a-t-il déclaré (…) Nicolas Sarkozy a envisagé pour 2009 un retour de la France dans les structures stratégiques de l'Otan (…) Il a aussi annoncé l'envoi de 700 hommes supplémentaires qui combattront aux côtés des Américains en Afghanistan ».

  

« ‘L'obsession atlantiste’ de Nicolas Sarkozy, selon l'expression de ses détracteurs français, a été dénoncée par les anciens ministres des Affaires étrangères socialistes Roland Dumas et Hubert Védrine, ainsi que par l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin. ‘Je crois qu'ils n'ont pas compris que le monde a changé’, a rétorqué Bernard Kouchner (…) ‘Nous sommes parfois aux côtés des Américains, comme en Afghanistan, et parfois nous ne sommes pas d'accord (…) a-t-il poursuivi (…) ‘Nous sommes au XXIe siècle et il faut recommencer de penser, il ne faut pas simplement penser sur le passé’. Paris peut parler ‘en même temps’ aux Américains et au président russe Vladimir Poutine, présent à Bucarest vendredi, a-t-il insisté. Est-ce que nos amis passéistes veulent bien le comprendre ? ».

 
 

 
 
Dans un article intitulé ‘L'Amérique de Benoît XVI, un modèle pour l'Europe catholique’, Sandro Magister, du journal italien La chiesa, reprit aujourd’hui, vendredi 4 avril, par E.S.M. écrit : « A la mi-avril, quand Benoît XVI atterrira à l’aéroport militaire de la Andrews Air Force Base de Washington, les États-Unis passeront en tête du classement des pays les plus visités par les papes (…) à Ratisbonne, le pape a montré au monde entier de quelles audaces il était capable (…) Pour Benoît XVI, les Etats-Unis sont un modèle à imiter par tous, en tant que pays né et fondé 'sur cette vérité évidente que le Créateur a doté chaque être humain de droits inaliénables', dont le premier est la liberté. Avec Benoît XVI, la punition que les Etats-Unis recevaient de la part du Vatican est levée. Il y a encore quelques décennies, ils étaient taxés d’être le temple du capitalisme calviniste, de la société de consommation, du darwinisme social, de la chaise électrique et de la gâchette facile partout dans le monde. Aujourd’hui ces façons de voir semblent largement abandonnées. L’Eglise de Rome a condamné avec force l’attaque militaire contre l’Irak de Saddam Hussein. Y compris Benoît XVI. Mais actuellement, elle ne demande pas le retrait des soldats et souhaite qu’ils restent en Irak (…) le jugement global sur les Etats-Unis a changé en bien, à l’inverse des jugements sur l’Europe, qui sont de plus en plus pessimistes. Benoît XVI a confié (…) ‘l’importance que le peuple américain a, dès le début, attribuée au rôle de la religion dans la création du débat public’. Un rôle qui ailleurs – comprendre: en Europe – ‘est contesté au nom d’une compréhension limitée de la vie politique’ (…) L’Eglise de Rome était plus souvent en accord avec les présidents républicains, de Reagan aux deux Bush, qu’avec le démocrate Bill Clinton (…) on compte environ 70 millions de catholiques sur une population totale de 300 millions, soit 23,9%. Ils forment néanmoins un bloc important – ils sont plus nombreux qu’en Italie – qui plus est dans un pays à forte dominante chrétienne, avec des indices de participation religieuse beaucoup plus élevés qu’en Europe. Lors des présidentielles de 2004, les catholiques ont contribué de manière significative à la réélection de George W. Bush (…) les autorités de l’Eglise apprécient le fait que tous les candidats aient donné une place prépondérante au facteur religieux. Car il en est ainsi aux Etats-Unis. Ils sont à la pointe de la modernité et en même temps la nation la plus religieuse au monde. Ils sont un modèle de séparation de l’Eglise et de l’Etat et en même temps un pays où les religions jouent un rôle important dans la vie publique (…) la part d’athées et d’agnostiques est très réduite. Ils forment respectivement 1,6% et 2,4% de la population, bien qu’ils semblent être beaucoup plus nombreux et bruyants dans les médias (…) Avec son prochain voyage, le pape allemand va regagner du terrain. Les Etats-Unis sont pour lui une terre très prometteuse. Un an après les Journées mondiales de la jeunesse en 1993, le diocèse de Denver avait enregistré 2.000 nouveaux convertis et une augmentation de 8% de la présence à la messe. La vieille Europe catholique peut en prendre de la graine ».

  

Ce sont cela, les deux bonnes nouvelles d’aujourd’hui, vendredi 4 avril : il existe des Européens, tel Bernard Kouchner et Sandro Magister, qui ne détestent pas les Américains. La réalité plutôt bienveillante à l’égard des USA n’a donc rien à voir avec la virtualité anti-américaine de nos médias. Sur ce, bon week-end. Miguel Garroté

  

par Miguel Garroté publié dans : Etats-Unis
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"Les communistes sont ceux qui ont lu Marx. Les anti-communistes sont ceux qui l'ont compris." Ronald Reagan

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"Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre" Churchill à Chamberlain

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