Yitzhak Benhorin,
Israël News
traduction M. Brzustowski
L'ancien sous-secrétaire à la défense américaine a déclaré à Ynet qu'il n'avait jamais décelé la moindre évidence d'une pression israélienne sur l'Amérique afin qu'elle lance la guerre d'Irak. Il
ajoute que, lors des conversations privées, les Israéliens mettaient plutôt en garde contre le fait qu'un échec pourrait saper les efforts contre l'Iran.
WASHINGTON - Contrairement à de fréquentes supputations, les responsables israéliens n'ont pas poussé leurs
homologues américains à lancer la guerre en Irak., a déclaré l'ancien sous-secrétaire à la défense des Etats-Unis, Douglas Feith, au journal en ligne Ynet, durant un entretien exceptionnel.
Répondant aux allégations selon lesquelles Israël aurait incité
l'Administration américaine à la guerre, Feith déclare : "Je n'ai jamais été témoin de cela".
"Ce que vous pouviez entendre de la part des responsables israéliens lors des
discussions privées, c'était qu'ils n'étaient pas particulièrement centrés sur l'Irak", ajoute Feith. "Leur véritable sujet de préoccupation, c'était l'Iran".
Lorsqu'on lui demande pourquoi Israël n'a jamais publiquement émis d'objection
contre l'action militaire en Irak, il répond que c'était là le résultat d'une relation forte entre les responsables israéliens et l'Administration Bush.
Feith dit encore : "L'alliance entre Bush et Israël était si forte et si cordiale
que le gouvernement israélien n'était absolument pas prêt à rejoindre l'Allemagne et la France dans leur opposition aux Etats-Unis". Mais il ajoute : "ce que vous entendiez de la part des
Israéliens ne ressemblait pas du tout à une forme de plaidoyer en faveur de la guerre en Irak".
Feith raconte qu'il entendait "un argumentaire (israélien) constant insistant sur
l'importance du danger iranien", et ajoute qu'Israël était inquiet quant à un éventuel scénario qui finirait par se concrétiser, précisément que "si les Etats-Unis se lançaient dans un conflit
militaire en Irak et que cela ne se passait pas bien, cela risquait de rendre moins crédible notre diplomatie face à l'Iran."
"Les gens cherchaient des solutions permettant d'échapper à la guerre"
Feith, dont l'ouvrage récemment publié, Guerre et Décision" a pour but d'exposer la part qu'il a prise dans la guerre d'Irak, a également démenti que l'esprit de l'Administration Bush était
focalisé sur une guerre en Irak bien avant les attentats terroristes du 11 septembre.
"Un grand nombre de décisions ont été prises après le 11 septembre", a t-il dit à
Ynet, "et je pense qu'une des choses que le livre met en lumière, c'est que l'Irak était un problème majeur avant le 11 septembre - c'était un problème majeur depuis 1990 pour les Etats-Unis, et
il existait un débat permanent au sein du gouvernement américain, concernant ce qu'il fallait faire au sujet de l'Irak".
"Après tout, vous avez eu l'Acte de Libération de l'Irak en 1998, qui dit que la
politique américaine a pour objectif un changement de régime, le Sénat a voté cette loi à l'unanimité et le président Clinton l'a contresignée,"nous a t-il expliqué.
"Lorsque je passe en revue les débats au sein de l'Administration au sujet de ce
qu'il fallait faire concernant l'Irak, j'insiste surtout sur le fait qu'aucune décision n'était prise", décrit Feith en référence à son livre. "Il y avait des débats concernant le renforcement de
la zone interdite au survol, le renforcement des sanctions économiques, et la CIA parlaient de la possibilité de réaliser un coup d'Etat. Il existait également un débat pour savoir si nous
pouvions créer une enclave autonome dans le Sud... les gens étaient laborieusement à la recherche de solutions qui permettraient de résoudre le problème sans entrer en guerre."
Feith rejette également les suggestions selon lesquelles l'Administration Bush a,
finalement, choisi de désigner l'Irak, parce que cela semblait l'action la plus facile à l'époque.
"Je ne pense pas que c'était la plus facile", dit-il, "Nous avons regardé tour à
tour chacun des Etats qui soutiennent le terrorisme, et nous avons dit que nous devions adopter une politique appropriée concernant chacun d'entre eux. Dans le cas de l'Iran et de la Corée du
Nord, il était évident qu'avant que quiconque envisage seulement une quelconque action militaire, il restait un important processus diplomatique qui devait encore être essayé".
"A l'époque, l'Amérique gérait la situation à l'égard de l'Irak depuis déjà 12 ans",
conclut Feith et il ajoute : "les risques liés au fait de laisser Saddam Hussein au pouvoir étaient très sérieux".
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3542925,00.html
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