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Mardi 13 mai 2008
C'est un mot très simple, et pourtant très explicite : non. 
C'est ce mot-là que je veux dire, tout simplement mais avec beaucoup de force, à ce lamentable bourrage de crâne quotidien sur Mai 68. Pas un journal, du quotidien au mensuel, en passant par l'hebdo, ne consacre à chaque numéro quelques pages, voire un dossier entier, à cette sinistre période. Les vieux soixante-huitards se la jouent anciens résistants, comme s'ils avaient été résistants pendant la guerre mondiale. Mais ils n'ont pourtant rien fait d'extraordinaire, à part laisser en héritage une belle pagaille et une mentalité navrante à de nombreux jeunes de ma génération.

A vous, ex-soixante huitards qui la ramenez encore pour pousser vos enfants dans la rue, vous qui jouissez à l'idée de voir à nouveau votre pays mis à feu et à sang par une jeunesse qui se croit "résistante", mais qui n'est que téléguidée par des gens de votre genre, à vous, soixante-huitards vieillissants, je ne vous dis pas, et ne vous dirai jamais, merci.  Vous qui avez cru que vous vous rebelliez, vous qui croyiez lutter pour une "belle" cause, vous n'avez en fait servi à rien.
Enfin, si, vous avez servi à quelque chose :
Grâce à vous aujourd'hui, les jeunes peuvent frapper leur professeur dés qu'il ose leur demander une banale consigne.
Grâce à vous aujourd'hui, les jeunes peuvent conduire sans permis, prendre la fuite à la première voiture de police rencontrée, se payer inévitablement un accident et réussir à faire accuser des policiers qui ne faisaient que leur boulot.
Grâce à vous aujourd'hui, les jeunes qui vous prennent pour "modèle" sont bien tristes, juste bons à réciter comme des ânes des slogans anarchistes qu'ils n'ont jamais connu, mais que vous vous empressez de leur apprendre. Vous vous empressez de faire croire à ces braves toutous qu'ils sont les dignes héritiers d'une période que vous leur décrivez comme fabuleuse, mais qui n'est qu'une page de notre passé dont on devrait au contraire avoir honte, et dont il faudrait au contraire essayer de réparer les dégâts. Mais non. Avec des gens comme vous, les mêmes erreurs se reproduisent, de génération en génération. Vos enfants ne vous servent que de pantins que vous manipulez à outrance, croyant pouvoir revivre à travers eux votre jeunesse révolutionnaire dont vous avez la nostalgie. Et qu'importe si vous avez fait beaucoup de mal à la génération qui vous a succédé, la seule chose qui vous importe aujourd'hui, c'est de savoir que votre affligeante propagande gauchiste continue à faire des émules parmi les jeunes, pour que vous ayez l'illusion qu'après votre mort vous aurez laissé quelque chose. Vous n'aurez laissé que le chaos, et il n'y a pas de quoi en être fier.

Votre slogan à la con, "il est interdit d'interdire", n'a permis que d'avoir aujourd'hui des jeunes capricieux à qui l'on doit tout céder sous peine d'avoir droit à un gros caca nerveux. Et je n'ai pas envie de vous dire merci pour cela, contrairement à la majorité des jeunes de ma génération, qui vous admirent autant qu'ils admirent le sanguinaire despote Che Guevarra.


A vous, mesdames les féministes, je ne vous dis pas davantage merci. Je ne vous dis pas merci d'avoir réduit les rapports entre hommes et femmes à des rapports de force, confondant amour et confrontation permanente. Grâce à vous aujourd'hui, un couple sur deux divorce, alors que les couples des générations précédentes savaient encore donner du sens et de la profondeur au mariage. Grâce à vous aujourd'hui, le mariage est devenu un CDD, un pacte que l'on signe pour faire plaisir aux parents et non plus pour fonder une famille harmonieuse. La vie amoureuse se résume à une succession d'aventures sexuelles depuis votre désastreuse  "révolution sexuelle".
Aujourd'hui, les femmes bourrées aux hormones de leur puberté jusqu'à leur ménopause, voyant leur trentaine approcher, commencent à s'inquiéter de n'avoir toujours pas d'enfant, et surtout pas de père potentiel. Votre cri "un enfant si je veux quand je veux" a sacrifié les papas, les pater familias, et il est aujourd'hui trop tard pour s'étonner que le modèle familial est aujourd'hui devenu une catastrophe, des parents solos qui ne pensent qu'à eux et non à leur enfant.
Vous les féministes, je ne vous admire pas d'être des bonnes femmes surexcitées qui, parce que vous avez décrêté que rester à la maison est un déshonneur, balancez votre bébé dans une crèche sitôt pondu, avec une tétine en silicone dans la bouche pour remplacer votre sein, et du lait industriel pour remplacer votre lait maternel, parce que vous n'êtes pas une "soumise", pas même, pour un temps, à toutes les attentions que recquiert votre enfant.
La pilule a permis quelques avancées salutaires, et je pense notamment au fait qu'elle a mis fin à ce drame des avortements clandestins, où mères et bébés risquaient leur vie. Je salue aussi le fait qu'il y a beaucoup moins de filles-mères qu'avant. Mais combien de côtés négatifs pour si peu de positifs ? :
Les cancers du sein sont en nombre croissant, et l'on voit aujourd'hui des femmes qui ont à peine la trentaine avoir un cancer, après 15 ans de pilule (à lire, par exemple : http://www.rfi.fr/actufr/articles/068/article_37908.asp )
L'utilisation de la pilule, et vous en êtes grandement responsables, est excessive et irresponsable. Aujourd'hui, on fait avaler des hormones à des gamines dés leurs premières règles, par simple "prévention". Or c'est en donnant la pilule à des gamines que vous leur donnez l'idée d'aller coucher à droite, à gauche, puisqu'elles se sentent protégées par cette pilule miracle... sans laquelle elles prendraient le temps de réfléchir à leur sexualité et à devenir responsables de leur corps. Mais avec vous, mesdames les féministes, soyons libérées, gavons-nous d'hormones, et payons nous un cancer du sein en pleine jeunesse : c'est le prix de votre "liberté".
Alors, je dis "non", comme un refus d'adhérer à tout ce que vous avez laissé comme dégâts, je refuse d'accepter cette société sans morale ni discipline que vous avez légué. Je veux encore croire à un modèle familial fort, je veux encore croire au mariage qui dure, je veux encore croire à la fonction nourricière des mères.

Non à l'héritage de Mai 68, non au féminisme, non à l'anarchie.
Oui au respect de l'autorité et à un minimum de morale.
par Lisa publié dans : Société
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Mardi 13 mai 2008

La violence et le suprématisme ne sont pas les seuls problèmes graves posés par l'Islam et embrouillés par de soi-disant spécialistes, comme le révèle bien la désolante démonstration publiée aujourd'hui par la Tribune des droits humains (c'est là d'ailleurs un petit jeu qui devient sérieusement répétitif):

L’Islam est victime d’interprétations patriarcales du Coran qui datent d’une époque révolue et ne correspondent pas au message spirituel égalitaire original.

Égalitaire le message spirituel de l'Islam? Peut-être. Qui sait? Mais il n'y pas que la spiritualité dans la vie...

Coran 4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

Coran 4:11
Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

Coran 2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

 Poursuivons:

«Il est devenu banal de présenter l’Islam comme étant l’un des principaux freins à la modernité, aux droits de la femme. Résultat: nous, les femmes musulmanes, passons notre temps à nous justifier, à nous confondre en excuses devant la situation des femmes en terre d’Islam que ce soit au Nigeria, au Soudan, en Afghanistan…».

C'est bien aimable de reconnaître en passant qu'il y a de quoi se plaindre.

Asma Lamrabet, médecin à l’hôpital des enfants de Rabat (Maroc), coordinatrice d’un groupe de recherche et de réflexion sur la femme musulmane et auteure d’ouvrages sur la question, dénonce volontiers le discours ‘médiatico-politique simpliste’ de certains en Occident, prompts à qualifier l’Islam de « rétrograde » et pour qui «la femme musulmane est devenue l’icône culturelle de l’oppression au nom du religieux».

En fait de discours simplistes, nous allons être servis:

Or, si elle admet volontiers que la situation des femmes musulmanes est loin d’être idéale, ce ne sont pas les textes sacrés qui en sont responsables, juge-t-elle: «Nulle part dans le Coran, il n’est dit que les hommes sont supérieurs aux femmes».

C'est en effet une chose que le Coran ne dit pas, précisément, en ces termes. Et alors? Quoi de plus simpliste que de choisir une information négative pour fonder une théorie affirmative? La question est de savoir ce que dit le Coran, pas ce qu'il ne dit pas. Mais c'est un peu plus complexe, évidemment. 

Une affirmation que confirme Azizah al-Hibri, professeur de droit à l’université de Richmond, en Virginie (Etats-Unis) et présidente de l’association Karamah d’avocates musulmanes pour les droits de l’Homme: «Le Coran dit que les hommes et les femmes sont créés à partir de la même âme; ils sont de même nature spirituelle et humaine.

Pas de citation ni de référence coranique? Quel dommage! Je dois m'avouer incapable de trouver à quel verset cette professeure de droit peut penser. Mais je peux offrir la liste de tous les versets qui contiennent le mot «âme». C'est instructif aussi.

Le Prophète lui-même disait que les femmes étaient les moitiés scindées de l’homme. Vous voyez, on est loin de la vision d’une Eve créé à partir de la côte d’Adam!»

Une recherche dans le Coran sur le mot «Ève» ne donne hélas que deux occurrences, entre parenthèses, les deux fois en situation de péché ou de condamnation. Sinon, Ève n'est jamais mentionnée en son nom propre dans le Coran. Tandis qu'Adam y a droit à 29 mentions, dont quelques-unes où les anges se prosternent devant lui. Dans la Bible, pour reprendre la comparaison un peu perfide de la professeure, Ève est tout de même «la mère de tous les vivants».

Et quand un/e Musulman/e dit «le prophète a dit», il/elle veut en principe parler d'un hadith, d'une anecdote transmise par ouï-dire. Sinon, il/elle dirait «le Coran dit», ce qui a beaucoup plus d'autorité. Voici autre chose que «le prophète a dit» (tiré d'une collection de la meilleure qualité disponible, reconnue universellement dans l'Islam) à propos des femmes:


Une fois, alors que le messager d’Allah se rendait à la Musalla pour faire la prière, il passa près des femmes et leur lança: «Ô femmes, faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer est composée de vous autres femmes

Elles lui demandèrent alors: «Et pourquoi en est-il ainsi, ô messager d’Allah?» Il répliqua: «Vous jurez souvent et vous vous montrez ingrates envers vos époux. Je n’ai vu personne d’aussi déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensé et prudent pourrait fort bien être égaré par certaines d’entre vous

Les femmes demandèrent alors: «Ô messager d’Allah! Qu’est-ce qui est déficient dans notre intelligence et dans notre religion?» Il dit: «N’est-il pas ainsi que le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d’un homme?» Elles l’admirent. Il poursuivit: «C’est là la déficience de leur intelligence. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles?» Les femmes acquiescèrent. Et il dit: «C’est là la déficience de leur religion.»


 Et ça repart:

Selon Azizah al-Hibri, le Coran reconnaît au contraire une série de droits aux femmes. Ainsi, affirme-t-elle, est-il «incorrect de dire qu’elles ne peuvent pas travailler. Le Prophète par exemple consultait régulièrement les femmes sur les affaires de l’Etat et il entendait qu’elles jouent un rôle majeur tant au sein de la famille que dans la communauté».

Encore une fois, aucune référence. Et je ne vois pas du tout de quoi Mme al-Hibri pourrait bien parler. Peut-être le même genre de contorsions que Mme Radjavi quand elle présente le prophète comme un chantre de la démocratie directe? Nous ne le saurons probablement jamais.

Quant aux mutilations génitales, crimes d’honneur et mariages forcés, ils n’ont tout simplement rien à voir avec l’Islam: «Aucun mariage n’est valable en Islam sans le consentement libre et éclairé des deux époux. Et les crimes d’honneur sont considérés comme tels, à savoir des crimes».

Quelle éblouissante démonstration! Un peu court sur les références (une ou deux auraient suffit), mais on ne va pas chipoter devant tant de conviction.

Asma Lamrabet et Azizah al-Hibri ne se sont jamais rencontrées (les entretiens ont été réalisés séparément); l’une est marocaine, l’autre est libano-américaine; l’une porte le foulard, l’autre pas; mais elles tiennent un discours étrangement similaire. Pour elles, le problème vient du fait que les premiers juristes ont interprété les textes sacrés en partant de la société patriarcale et traditionnelle dans laquelle ils vivaient. «Ces interprétations ont été reprises par des générations successives de juristes et ont fini par devenir des lois immuables», explique Asma Lamrabet. «Il faut donc distinguer les textes sacrés de la jurisprudence (fiqh); or c’est dans cette jurisprudence sclérosée qui n’a plus évoluée depuis des siècles que l’on retrouve les pires discriminations envers les femmes». (...)

Eh oui, encore pire que dans le Coran et les ahadith. Il faudrait vraiment un jour traduire tout ça, pour se faire une idée. Et voir si ces travaux ne seraient pas un peu mieux référencés, aussi. Car certains de ces horribles juristes machistes citent volontiers leurs sources, eux.

Témoins de la vivacité de la réflexion actuellement en cours en Islam, les deux expertes reflètent aussi un courant grandissant qui s’efforce de trouver une troisième voie entre un rigorisme conservateur et ce que Asma Lamrabet appelle la ‘vision nihiliste’ de certains modernistes qui veulent faire table rase de toute la tradition islamique. Et cette voie passe par une réinterprétation actualisée et contextualisée des textes sacrés.

Bien sûr. Comme Mme la professeure ne donne aucune précision, je propose de découvrir un aspect (l'autorisation de battre son épouse) de la principale tentative en date (que j'aie étudiée personnellement): une nouvelle traduction (anglaise) du Coran qui tente d'en réinterpréter essentiellement les aspects machistes. Ensuite, continuons:

Autrement dit, pour combattre ces croyances intériorisées sur la supériorité supposée de l’homme et libérer les femmes musulmanes de leurs béquilles, il faut, estime Azizah al-Hibri, «en revenir aux textes originaux et redécouvrir ce que l’Islam enseigne sur les questions de genre»; parce que, ajoute Asma Lamrabet, «la fidélité au texte coranique, c’est justement savoir le relire dans chaque contexte avec un nouveau souffle».

Il faudra un sacré souffle, en effet.

Soyons sérieux. Ces femmes font l'apologie de l'Islam tel qu'il est. Elles ne proposent strictement rien de concret, de substantiel, qui permettrait de transformer les usages d'une civilisation. Elles vendent du vent. Et elles le vendent à un public bien précis: l'Occident. Concrètement, leur action favorise le retour à des lois fondées sur le Coran. Comment peut-on être assez naïf pour leur faire confiance sur leur bonne mine et diffuser leurs affirmations sans aucun contrôle? Ce doit être l'effet de la galanterie occidentale...

par ajm publié dans : Islam
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Mardi 13 mai 2008

  

   
  

 

 

Un certain nombre de réalités

  

1. Comme l’on récemment souligné divers analystes fiables tel par exemple David Bescond, Israël et le Liban en particulier et les démocraties en général font face à un certain nombre de réalités de plus en plus difficiles à passer sous silence. Israël fait face à la création à ses frontières de deux républiques islamiques de type iranien, au Sud Liban d’une part et dans la bande de Gaza d’autre part. Le Hezbollah se prépare à la guerre et pour ce faire il met sur pied un système perfectionné de communication et il affaiblit le gouvernement libanais.

  

2. Des roquettes tirées depuis Gaza provoquent quotidiennement des victimes parmi les civils israéliens. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad continue de proclamer sa volonté de détruire Israël. Son pays, l'Iran, est sur le point de détenir suffisamment de plutonium pour produire des armes nucléaires avant la fin de l'année 2008. Israël doit se battre avec une crise politique interne dont le responsable est le Premier ministre Ehud Olmert, officiellement soupçonné de corruption par la justice.

  

3. Ainsi que le rappelle Gregory Schwartz sur Reuters, la visite cette semaine au Proche-Orient du président américain George Bush portera de fait sur l’instabilité dans la région. Le scandale de corruption qui pourrait coûter son poste au premier ministre israélien Ehud Olmert et le fait qu’au Liban le Hezbollah défie l’armée et affronte des factions progouvernementales, pèseront sur la visite du président américain. Sans doute Bush veut-il laisser un bilan diplomatique dépassant la guerre en Irak.

  

4. Mais la visite de Bush suscite peu d'espoir. ‘Il est difficile de se rappeler d'un moment moins propice que celui-ci au processus de paix israélo-arabe’, a déclaré à Reuters John Alterman, du Centre d'études stratégiques et internationales de Washington. Si Olmert quitte ses fonctions, des élections anticipées pourraient avoir lieu en Israël qui vont interrompre le processus de paix. Bush doit rencontrer Olmert mercredi 14 mai en Israël. Puis Bush se rendra vendredi 16 mai en Arabie saoudite. Enfin, Bush rencontrera samedi 17 mai à Charm el Cheikh en Egypte le leader palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre libanais Fouad Siniora.
  
  

  
  

 

 

Un certain nombre d’analyses

  

Caroline Glick dans le Jerusalem Post (adaptation française de Sentinelle 5768 ©) fait partie de ceux qui pensent que le renversement réussi par le Hezbollah des forces démocratiques au Liban était prévisible. Mais le fait qu’on pouvait prédire le coup d’Etat du Hezbollah ne veut pas dire qu’il était inévitable. Je reprends ci-après sous forme synthétique les analyses de Caroline Glick, analyses que je partage et que j’ai moi-même effectuées à plusieurs reprises.

  

1. Un grand nombre d’acteurs ont dû détourner les yeux au réarmement du Hezbollah financé par l’Iran et la Syrie au cours des deux années passées. Un grand nombre de pays et d’organismes internationaux ont dû accepter la fiction que l’armée libanaise prend ses ordres auprès du gouvernement libanais élu. Depuis que le Hezbollah a commencé sa violente prise du Liban mercredi 7 mai, le Hezbollah l’a fait en coopération avec l’armée libanaise. Quand les forces du Hezbollah ont lancé leurs attaques, mis le feu et détruit les bureaux du journal et de la station de TV Future News de Hariri, elles l’ont fait avec une escorte de l’armée.

  

2. L’armée libanaise n’a pas rouvert les installations des médias démocratiques de Hariri, après avoir ordonné aux forces du Hezbollah de quitter les rues de Beyrouth en fin de semaine. L’armée libanaise n’a pas fait face aux forces du Hezbollah à Tripoli ou à Tyr. Maintenant, l’armée libanaise autorise la destruction des Druzes. L’armée libanaise dominée par les shiites a donné la victoire au Hezbollah dans le coup d’Etat, quand les généraux de l’armée ont annoncé qu’ils n’appliqueraient pas les décisions légitimes anti-Hezbollah prises par le gouvernement Siniora.

  

3. L’armée a remis en place l’agent et espion du Hezbollah limogé, le brigadier général Wafiq Shuqeir, comme chef de la sécurité à l’aéroport international de Beyrouth. Elle s’est aussi inclinée devant le Hezbollah en annonçant qu’elle ne prendrait aucune mesure pour fermer le système de télécommunications indépendant du Hezbollah, dirigé par l’Iran et lié aux services de renseignement syriens. Depuis 2006, l’armée libanaise déployée le long de la frontière avec Israël, conformément la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU, a permis au Hezbollah de transférer des armes et de déployer des combattants dans les villages frontaliers d’Israël.

  

4. L’armée libanaise a permis à l’Iran et à la Syrie de transférer des quantités massives d’armes au Hezbollah à travers le Liban. Ces transferts d’armes ont permis de tripler l’arsenal de missiles du Hezbollah. L’armée libanaise n’est rien qu’une autre milice ; il aurait aussi dû être clair qu’en l’absence d’une armée loyale et subordonnée, le gouvernement Siniora était juste un peu au-dessus d’un groupe de pression. Plutôt que de prendre une mesure efficace contre le Hezbollah pour empêcher la prise du Liban par laminage, la vice première ministre et ministre des affaires étrangères israélienne Livni et le premier ministre israélien Olmert se sont contentés d’émettre des plaintes à l’ONU concernant le réarmement massif du Hezbollah et son redéploiement le long de la frontière avec Israël.

  

5. L’apogée de l’abandon par les USA du gouvernement démocratique libanais, ce fut la décision de la Secrétaire d’Etat américaine Rice d’inviter la Syrie à participer à sa conférence de la « paix » à Annapolis en novembre dernier. Aussi bien l’acquiescement silencieux des USA et d’Israël à la prise du Liban par le Hezbollah complète leur acceptation de la prise de Gaza par l’Iran par le Hamas. Pendant sa visite festive en Israël cette semaine, on s’attend à ce que le Président George W. Bush célèbre l’alliance stratégique des USA avec l’Etat juif. C’est une grande tragédie que les stratégies que ces alliances ont promues dans les années récentes aient ouvert la voie de la disparition du Liban, et de l’encerclement d’Israël par des vassaux iraniens. La tragédie n’est que renforcée du fait que ce résultat était éminemment évitable.
  
  

Les Chrétiens (et Chrétiennes...) du Liban

  

Dès le vendredi 9 mai, le chef chrétien Samir Geagea a mis les points sur les ‘i’ en déclarant : «...ce qui s’est passé à Beyrouth, dans ses alentours et son aéroport international, n’est qu’un putsch fait par le Hezbollah contre le Liban (...) Face à ces sérieuses infractions contre la société civile et contre la capitale libanaise, le ‘14 mars’ (ndlr : coalition démocratique théoriquement au pouvoir) exhorte l’armée libanaise à observer ses principaux devoir en tant qu’institution militaire afin de mettre fin à ces discordes. L’alliance du 14 mars condamne fermement la prise des journalistes et des médias pour cibles par les putschistes ».

  

« Les forces de la majorité s’adressent aux pays arabes frères et leur demandent d’assumer leurs responsabilités envers le Liban, mettant en garde contre ce coup d’état sanguinaire dont le but est de refaire entrer les forces syriennes au pays du cèdre et permettre à l’Iran d’atteindre les côtes méditerranéennes (...) La coalition du 14 mars estime que la communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés devant ce qui se passe, et est tenue de mettre un terme au trafic illégitimes d’armes et de soutenir le peuple libanais et son gouvernement présidé par M. Fouad Siniora ».
  
  

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L’armée libanaise face à la crise

  

Le mardi 13 mai, l’armée libanaise envisage, du moins c’est ce qu’elle déclare, de recourir à la force pour rétablir l'ordre. Des affrontements opposent partisans de la majorité indépendante et Hezbollah mardi 13 mai à Tripoli, au nord du Liban. Ces affrontements se produisent tandis que la majorité indépendante affirme qu’elle n'accepte pas de dialoguer avec le Hezbollah sous la menace des armes. De son côté, le Hezbollah annonce qu'il poursuit sa désobéissance civile’.

  

Mais le fait est qu’en ce mardi 13 mai, l'armée libanaise déclare avoir décidé « d'utiliser si nécessaire la force » sans pour autant empêcher les affrontements dans le nord du Liban. Toutefois, l’armée libanaise se redéploie en périphérie de Tripoli, dans le nord du Liban, où s’affrontent des miliciens sunnites progouvernementaux et des miliciens alaouites alliés au Hezbollah chiite. Par ailleurs, le Hezbollah et ses alliés maintiennent leurs barrages et bloquent tout trafic y compris sur la route de l'aéroport au sud de Beyrouth et sur la route à l’est de Beyrouth qui mène à la frontière syrienne. « Non seulement l'armée s'est bien gardée de s'interposer efficacement entre les combattants, mais elle a honteusement failli, de surcroît, à la protection des simples citoyens », lit-on mardi 13 mai dans le quotidien libanais indépendant l'Orient le Jour.
  
  

  
  

 

 

Le putsch du Hezbollah était planifié depuis longtemps

  

Selon les sources militaires de DEBKA, il y a trois semaines en arrière le Hezbollah a pris livraison de 35 vedettes rapides pour l’utilisation d’explosifs en provenance d’Iran. Ces vedettes peuvent menacer la flotte américaine en Méditerranée et, en Israël, les ports et installations pétrolières de Haïfa et d’Ashdod. Les vedettes ont été construites pour le Hezbollah par les Gardiens de la Révolution de l’Iran dans les chantiers navals à Bandar. les vedettes sont capables de transporter des systèmes d’armes chimiques, biologiques et radioactives. Ils ont été livrés à la mi-avril par un cargo iranien au port syrien de Lattaquié et transportés par camion à Naimah, un port au sud de Beyrouth. Là, ils ont été cachés dans les souterrains de hangars.
  
  

  
  

 

 

La Syrie tente un come back et l’Iran avance ses pions

  

Dans un éditorial du Figaro, Pierre Rousselin écrit que « le Hezbollah est en train de prouver au monde qu'il ne se soucie, en fait, que de préserver l'État parallèle qu'il s'est taillé au Liban sous prétexte de combattre les Israéliens. Seule milice libanaise à avoir refusé de désarmer, comme l'exigent pourtant les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, le Hezbollah a eu son heure de gloire en 2006, lorsqu'il a réussi à entraîner Israël dans une guerre à laquelle il a pu résister, au prix de la destruction du pays. Aujourd'hui, le masque est en train de tomber : l'État libanais est le véritable ennemi du Hezbollah. La Syrie souffle sur les braises (...) Damas fera valoir que seul son retour au Liban garantira la stabilité. Quant à l'Iran, il cherche à établir, avec la milice chiite, une tête de pont sur la Méditerranée. Il a donc toutes les raisons de soutenir son allié jusqu'au bout. Le Hezbollah ayant profité de la couardise internationale pour se réarmer à la barbe de la Finul, rien ne permet d'être optimiste pour le Liban ». On ne saurait mieux dire.
  
  

  
  

 

 

Les mollahs intégristes iraniens tirent les ficelles

  

Dans Libération, Antoine Basbous, spécialiste du monde arabe, de l'islam et du terrorisme islamiste, directeur de l'Observatoire des Pays Arabes, fait quelques remarques intéressantes : « Le guide de la révolution iranienne, le président iranien et le vice-président iranien disent depuis des mois que le Liban est la terre où il faudra vaincre l'impérialisme et le sionisme. Ce pays a été désigné comme un théâtre des opérations, comme une terre de Djihad. Les Iraniens, avec le portail syrien auquel ils sont associés, ont investi pendant un quart de siècle environ 30 milliards de dollars pour faire du Hezbollah le bras armé de l'Iran en méditerranée. Aujourd'hui, ils ont un très bon retour sur investissement ».

  

« Le mouvement chiite dispose 40.000 à 50.000 missiles, d'un bon entraînement militaire, de structures sociales et sanitaires et a mis en place une organisation de la société calquée sur l'Iran. Chez les civils chiites, on s'habille de plus en plus comme en Iran, on répète les mêmes slogans. Il y a vingt mois, ce mouvement a été capable de mettre en échec la plus puissante armée de la région (l'armée israélienne). Depuis, il s'est réarmé, a augmenté ses capacités en bénéficiant du couloir syrien. Après la guerre de 2006 contre Israël, le Hezbollah est devenu l'acteur incontournable du pays. Aujourd'hui, il prend le pouvoir en faisant du Liban un lieu privilégié de la confrontation régionale, une ‘Gaza bis’ à la disposition de Damas et de Téhéran ».

  

« Une ‘irakisation’ du Liban se profile. Dans un premier temps, le Hezbollah peut gagner la bataille car il a une armée structurée, de l'argent, etc. Mais cette occupation va très vite se retourner contre lui. La milice sera perçue comme une force d'occupation par les citoyens lambdas, notamment sunnites, qui ne partagent pas ses valeurs. En arrivant dans les quartiers sunnites, ils tirent, ordonnent le silence des médias. Cette façon de soumettre Beyrouth va provoquer des contre-attaques et le retour des snipers car il n'y a pas d'adhésion globale au projet social du Hezbollah. Une guerre civile, la plus atroce et la plus cruelle entre radicaux chiites et sunnites, se dessine sur instruction de Damas et de Téhéran ».

  

Miguel Garroté
  

par Miguel Garroté publié dans : Iran
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Mardi 13 mai 2008


 


Le blog drzz
- Réinformez-vous ! -


Le célèbre chroniqueur du Figaro et le journaliste le plus libre de France a répondu à notre rédacteur David Martin.

Une interview exclusive et décapante, publiée cette semaine sur le blog drzz ! Ne la manquez pas !

Extrait : 


"Je pense que les médias ne font, majoritairement, pas correctement leur travail d’information, et c’est pour cela qu’ils sont de plus en plus déconsidérés. Alors que la société vit de considérables bouleversements sociologiques, culturels, identitaires, sociaux, économiques, qui mériteraient d’être décrits , décortiqués, analysés, soumis à la critique et au débat, je me rends compte (et les lecteurs le ressentent forcément)  que les investigateurs, qui font trembler les hommes politiques en soulevant des affaires foireuses de faux listings ou de financements occultes de partis qui se terminent généralement en eau de boudin, se gardent d’investiguer sur les réalités qui dérangent. L’islamisation des cités françaises, par exemple, dont s’alarme l’écrivain algérien Boualem Sansal dans son dernier livre (Le village de l’Allemand, Gallimard), se fait dans une incroyable indifférence médiatique. J’ai écrit récemment un livre, publié chez Fayard, pour mettre en garde contre la fracture identitaire qui est en train de couper la France en deux : pratiquement aucun média écrit n’en a parlé, ne serait-ce que pour le contredire. La meilleure des censures reste la loi du silence. Aussi est-ce avec sidération que les Français découvrent à quel point leur pays a changé en vingt ou trente ans. Ils ont le sentiment, qui n’est pas faux, d’avoir été bernés et pris pour des imbéciles."

 

par drzz publié dans : Interviews
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Mardi 13 mai 2008




Interview
du sénateur de l'Illinois

Journaliste : - Pensez-vous qu'Israël affecte la réputation des Etats-Unis à l'étranger ?

Obama : - Non, non, non. Mais je pense que cette plaie permanente, cette douleur persistante, infecte toute notre politique étrangère.

 

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par drzz publié dans : Présidentielles 2008
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