BATAILLE NAVALE EN MÉDITERRANÉE ORIENTALE ?
Le léger et discret déploiement naval américain (deux bâtiments de guerre, le croiseur USS Philippine Sea et le destroyer USS Ross qui viennent remplacer le
destroyer USS Cole), en Méditerranée orientale, sert de prétexte, à une tempête dans un verre d’eau. Alors que ce déploiement reste, pour l’instant, une affaire plutôt bénigne. Notamment en
comparaison de l’occupation du Liban, par la milice légionnaire et mercenaire du mouvement terroriste Hezbollah ; milice au service des mollahs intégristes génocidaires iraniens ; et de
leur grimaçante marionnette, l’ineffable président iranien négationniste Ahmedinejad.
Et alors que ce déploiement américain reste, pour l’instant, une affaire tout aussi bénigne, en comparaison de la politique impérialiste et terroriste menée au
Liban par la Syrie ; plus précisément par son président totalitaire et moustachu (de père en fils)Bachar al-Assad, acheteur de matériel balistique et nucléaire offensif chez son client
préféré, le très stalinien et légèrement trisomique président (lui aussi de père en fils) de la Corée du Nord, l’inimitable Kim Jong Il.
C’est sûr que les petits navires de Bush en Méditerranée orientale, c’est beaucoup, mais alors vraiment beaucoup plus dangereux, que les joujoux du quartette
infernal Hezbollah+Ahmadinejad+Assad+Kim Jong II. Sans oublier que le tsar rouge brun Poutine et son valet de président nommé plus qu’élu renforcent leur flotte militaire dans les ports de Syrie,
question de renouer avec les bonnes vielles habitudes de la guerre froide. Et face à tout cela : deux navires américains, un croiseur et un destroyer ; même pas un porte-avions.
Cela dit, les deux bâtiments de guerre américains présents en méditerranée orientale, constituent un déploiement bénin certes, mais bénin pour l’instant. Ils ne
compensent pas, en tant que tels et pour l’instant, l’hégémonisme de l’Iran, de son allié la Syrie, de sa milice Hezbollah et de leur fournisseur secret et néanmoins démasqué, la Corée du Nord.
Le croiseur USS Philippine Sea et le destroyer USS Ross sont venus remplacer le destroyer USS Cole. Bien.
Mais cela ne signifie pas que le USS Cole est parti se faire cuire un œuf sur la Planète Mars. En réalité, le croiseur USS Philippine Sea, le destroyer USS Ross et
le destroyer USS Cole restent tous les trois, jusqu’à nouvel avis, en Méditerranée et non en Mer de Chine ou dans le Canal de la Manche. Ils complètent les porte-avions américains qui se
promènent déjà quelque part entre le Golfe d’Aden, le Golfe d’Oman et le Golfe persique.
La présence du USS Philippine Sea et du USS Ross en Méditerranée orientale est perçue par la Syrie et le Hezbollah comme un soutient au gouvernement libanais. Pour
un soutient, cela reste un peu léger. Disons que c’est un encouragement pour le Liban indépendant. Et un découragement pour les intrus hezbollïaques, syriens et iraniens dans les affaires
internes du Liban.
Le président du comité exécutif des Forces libanaises, le chef chrétien Samir Geagea, a critiqué, le 4 mars (1), ceux qui poussent des « coassements de grenouille
» au sujet de la présence du destroyer américain USS Cole (maintenant remplacé par les deux autres navires susmentionnés) à proximité des eaux territoriales libanaises. « Le Liban a été occupé
trente ans durant par l’armée syrienne, militairement, c’est-à-dire à travers ses chars (…) Cependant, certains n’ont pas vu cette occupation, ne l’ont même pas remarquée (…) Quel est l’impact de
ce destroyer sur le Liban ? Qu’a-t-il paralysé ? (…) Quels sont les dégâts occasionnés par un navire américain qui se trouve dans les eaux internationales entre Chypre et le Liban, dans le cadre
du grand conflit qui se déroule actuellement au Moyen-Orient ? Nous devons remercier les États-Unis qui imposent à travers cette présence une sorte d’équilibre dans le cas où une partie étrangère
déciderait de semer le chaos au Liban (…) Tout ce vacarme autour du destroyer américain est provoqué. (…) L’aide américaine à la révolution du Cèdre, sans laquelle le Liban ne serait pas ce
qu’il est aujourd’hui. (…) Ceux qui sont venus portés sur le dos des gardiens de la révolution iranienne, les pasdaran, sont ceux-là mêmes qui s’en iront avec eux. Nous (les chrétiens) sommes
venus au Liban avec saint Jean-Maron (fin du IVème siècle), et nous ne quitterons pas cette terre ».
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a évoqué (2) une deuxième fois la présence de navires américains en estimant qu’« il ne faudrait pas
accorder une importance extrême à cette question, vu que les bâtiments américains sillonnent la Méditerranée depuis belle lurette. Ce développement est un message symbolique adressé à ceux qui
envisageaient de mener une opération militaire dans la région (…) La présence (navale américaine) s’inscrit dans le cadre plus large du grand jeu qui se déroule entre le Golfe et
Gibraltar ».

Cela dit, Washington avertit tout de même Damas en déployant ces deux bâtiments de guerre au large des côtes libanaises (3) : « Cette présence militaire
américaine au large du Liban vise à affirmer le soutien de Washington au gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, en pleine crise politique. Mardi, la secrétaire d'Etat américaine,
Condoleezza Rice, a également déclaré au Caire que ce déploiement représentait un ‘avertissement à la Syrie’, accusée de bloquer l'élection présidentielle libanaise (…) Washington s’inquiète de
la situation au Liban, pays sans président depuis le 23 novembre 2007 ». Bref, en résumé, on donne un coup de pouce au Liban indépendant, mais dans le cadre d’un jeu qui va du Golfe persique
au détroit de Gibraltar. Pas bête, Samir Geagea. Il n’est pas candidat aux élections présidentielles libanaises. Dommage.
(1) L’Orient Le Jour, 4 mars.
(2) L’Orient Le Jour, 5 mars.
(3) ESISC, 5 mars.
Miguel Garroté
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